Arabie saoudite: Les femmes doivent être autorisées à conduire, demande un prince

DROITS DES FEMMES Il s'agit là d'«une demande sociale urgente », estime le milliardaire saoudien...

20 Minutes avec agences
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Le prince saoudien Al-Walid ben Talal, le 8 septembre 2016 à Paris.
Le prince saoudien Al-Walid ben Talal, le 8 septembre 2016 à Paris. — Michel Euler/AP/SIPA

« Arrêtez le débat : il est temps que les femmes conduisent. » Ces mots sont ceux du prince et milliardaire saoudien Al-Walid ben Talal, connu pour son franc-parler, qui a posté son message sur Twitter mardi soir.

Le membre de la famille royale, qui ne détient aucun poste politique, a en effet lancé un vibrant appel pour que les femmes obtiennent enfin le droit de conduire en Arabie saoudite, seul pays au monde où elles ne peuvent pas prendre le volant.

Un coût « économique »

« Empêcher une femme de conduire est aujourd’hui une question de droits semblable à celle qui se posait quand il leur était interdit d’avoir accès à l’éducation ou d’avoir une identité à elle », estime le milliardaire dans un communiqué, évoquant « des actes injustes » qui sont « beaucoup plus restrictifs que ce qui est légalement permis par les préceptes de la religion » musulmane.

Le prince évoque aussi le « coût économique » d’une telle mesure. En Arabie saoudite, les femmes doivent faire appel à des chauffeurs privés ou des taxis. Chaque famille dépense en moyenne 3.800 riyals (950 euros) par mois pour louer les services d’un chauffeur, dépense que les ménages pourraient éviter en ces temps difficiles, explique le prince.

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Dans le cas où c’est le mari qui se dévoue pour conduire son épouse, cela suppose qu’il s’absente de son travail, réduisant sa productivité précise le Saoudien. Autoriser les femmes à conduire est désormais « une demande sociale urgente que la conjoncture économique justifie », souligne enfin Al-Walid ben Talal, en référence aux difficultés budgétaires que connaît son pays en raison de la baisse de ses recettes pétrolières, consécutive à l’effondrement des cours du brut.