Fidel Castro, l’éternel guérillero

LIDER MAXIMO Avec Fidel Castro disparaît un des tout derniers géants politiques du XXe siècle, un autocrate paternaliste qui a fait d’une petite île des Caraïbes un acteur du bras de fer entre superpuissances américaine et soviétique…

Vanessa Rodrigues Biague

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Fidel Castro, le 22 décembre 2005.
Fidel Castro, le 22 décembre 2005. — AFP

« Invincible patience. Discipline de fer. La force de l’imagination lui permet de vaincre l’imprévu », écrivait de lui en 2008 son ami, le prix Nobel de littérature colombienGabriel Garcia Marquez. C’est un homme à la personnalité très complexe qui devient premier ministre de Cuba, le 16 février 1959.

Né à Cuba en 1926, fils d’un grand propriétaire terrien, titulaire d’un doctorat de droit en 1950, après des études à la Havane, Fidel Castro embrasse la profession d’avocat. Sa carrière politique débute lorsqu’il prend la tête de la rébellion cubaine contre le général Batista, qui dirige l’île depuis son coup d’État du 10 mars 1952.

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Le combattant révolutionnaire

Le 26 juillet 1953, Fidel Castro, à la tête d’un petit groupe armé, mène une première attaque pour renverser le régime. L’opération tourne au désastre et Fidel Castro est condamné à 15 ans de prison. Il s’exile au Mexique à la faveur d’une loi d’amnistie en 1955, et organise la résistance au sein d’un groupe appelé Mouvement du 26 juillet ou m-26. C’est là qu’il rencontre Enersto Che Guevara, avec lequel il embarque pour Cuba, accompagné des 80 membres du m-26.

Ils débarquent le 2 décembre 1956, mais l’armée de Batista les attend. Très affaiblis après quelques jours de combats, Fidel et ses « fidèles » se replient dans la Sierra Maestra et sont rejoints par les nombreux opposants au régime de Batista. Les « barbudos » mènent une guérilla acharnée dont ils vont finalement triompher. Fidel Castro s’empare du pouvoir le 1er janvier 1959 en prenant le dernier bastion de Batista, la ville de Santiago de Cuba.

Debout devant l’impérialisme américain

De nationaliste il devient socialiste, se rapproche de L’URSS et prend le titre de « Líder Máximo de la revolución », c’est-à-dire « chef suprême de la révolution ». Dans un contexte de guerre froide, ce choix idéologique provoquera la rupture des relations diplomatiques entre Cuba et les Etats-Unis en 1960. Les Américains humiliés tenteront de renverser Fidel Castro lors de l’attaque de la baie des cochons en 1961, mais sans succès. En 1962, c’est la crise des missiles cubains, un embargo est décrété par les Etats-Unis, toujours en vigueur aujourd’hui.

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«El Comandante» instaure un régime à parti unique en 1965 et continuera de diriger Cuba avec une poigne de fer, même après l’écroulement du bloc soviétique en 1991. Il se tournera ensuite vers le continent sud-américain pour se rapprocher du président vénézuélien, le socialiste Hugo Chavez, qu’il considère comme son héritier politique.

Le « soldat des idées » terrassé par la maladie

Depuis le début des années 2000, son état de santé se détériore, et Fidel Castro doit se retirer. Il organise alors la passation du pouvoir au bénéfice de son frère, Raul, le 31 juillet 2007. Agé de 80 ans, il a dominé la vie politique cubaine pendant près de 50 ans, et 70 % des Cubains n’ont jamais connu un autre chef d’État. fidel Castro reste présent au sommet de l’état, car son frère Raul le consulte régulièrement.

En février 2008, la passation de pouvoir est officielle. Le commandant en chef devient un « soldat des idées » et se contente dès lors de publier ses « réflexions » dans la presse cubaine et de recevoir quelques personnalités en visite.

Aussi flamboyant sur la scène publique que secret sur sa vie privée, Fidel Castro a eu au moins huit enfants, dont cinq fils avec Dalia Soto del Valle, la discrète femme auprès de laquelle il a vécu jusqu’à sa mort.