La ville d'Amatrice, touchée par un séisme, porte plainte contre «Charlie Hebdo»

ITALIE La ville avait déjà porté plainte auprès de la justice italienne...

C. Ape.

— 

Le dessin de Félix sur le séisme en Italie, dans Charlie Hebdo.
Le dessin de Félix sur le séisme en Italie, dans Charlie Hebdo. — Twitter

La blague de Charlie Hebdo n’avait pas fait rire chez nos voisins transalpins. La commune italienne d’ Amatrice, victime d’un tremblement de terre meurtrier le 25 août dernier, a déposé deux plaintes contre l’hebdomadaire satirique pour « injure publique » et « diffamation » auprès du tribunal de grande instance de Paris, révèle L’Express ce vendredi.

La ville, qui avait déjà porté plainte contre l’hebdomadaire satirique auprès du tribunal de Lieti en septembre, avait prévenu qu’elle pourrait également attaquer en France.

Amatrice n’est pas très Charlie

En cause, deux caricatures publiées dans Charlie mais aussi sur la page Facebook du canard, peu après le séisme qui avait coûté la vie à 295 personnes. Sur la première, signée Félix, trois victimes du tremblement de terre sont comparées à des types de pâtes et nommées « penne sauce tomate », « pennes gratinées » et « lasagnes ».

Sur la seconde, signée Coco, une personne agonisante sous les décombres dit : « C’est pas Charlie Hebdo qui construit vos maisons, c’est la mafia ! », laissant entendre que cette dernière était responsable des dégâts.

Injure et diffamation

Maîtres Mario Cichetti, Dominique Anastasi et Yassine Maharsi, qui représentent les 2.700 habitants de la commune, estiment que la première caricature est « une injure publique envers les victimes du séisme survenu à Amatrice et les Italiens ». Le second dessin est lui « diffamatoire envers les victimes et les Italiens », laissant supposer que les habitants seraient impliqués dans des affaires de corruption.

>> A lire aussi : Miraculés, ils ont survécu à un tremblement de terre

Maître Richard Malka, l’avocat de Charlie Hebdo, a indiqué à L’Express que : « C’est une procédure classique, induite par le type d’humour pratiqué par le journal. Cette plainte peut être légitime, tout comme nous démontrerons devant la justice, si besoin, la légitimité de notre point de vue. »