La répression des opposants à Vladimir Poutine

RUSSIE Une marche de désaccord prévue dimanche matin à Saint-Pétersbourg...

AFP

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Après l'arrestation, samedi, du champion d'échecs Garry Kasparov et sa condamnation à cinq jours de prison, la répression continue dimanche, à Saint-Petersbourg cette fois. L'opposant libéral Boris Nemtsov, candidat déclaré à la présidentielle russe de mars 2008, a aussi été arrêté puis relâché.

Matraquage
Quelques heures plus tôt, des dizaines d'opposants ont été interpellés et certains battus par la police anti-émeute avant une marche interdite contre le président Vladimir Poutine, à une semaine des législatives. Les troupes anti-émeutes s'en sont pris à coups de matraque à un petit groupe de militants d'extrême gauche, des nationaux-bolcheviques de la mouvance de l'écrivain Edouard Limonov, qu'ils ont ensuite embarqués dans un fourgon. Cet incident a provoqué l'interpellation d'une cinquantaine de manifestants au total, dont le chef de la branche locale du parti d'opposition Iabloko, Maxim Reznik.

Un responsable de la police de Saint-Pétersbourg cité par l'agence Itar-Tass a confirmé "plusieurs dizaines d'interpellations", ajoutant que les tribunaux décideraient des sanctions contre eux, "amendes ou arrestations".

"C'est une opération militaire"

Alors que la Marche de désaccord s'organisait au lendemain de l'emprisonnnement de Garry Kasparov, Saint-Pétersbourg, ancienne capitale impériale et ville natale de Poutine, était investie par la police dès le petit matin. Sur la perspective Nevski, on voyait un policier tous les cinq mètres et des camions avec les troupes anti-émeutes dans les rues voisines.
"C'est une opération militaire. Cela veut dire qu'il y a beaucoup de gens qui ne veulent pas vivre dans le Saint-Pétersbourg de Poutine", a déclaré Olga Kournossova, responsable du Front civil uni à Saint-Pétersbourg, l'une des organisatrice de la marche lors d'un point de presse. "Le pouvoir a peur des gens qui ne veulent pas soutenir le culte de la personnalité de Poutine", a-t-elle ajouté.

Elle a souligné que les manifestants avaient l'intention de marcher vers la Place du Palais, endroit traditionnel des rassemblements et haut lieu de la Révolution bolchevique alors que cet itinéraire leur avait été interdit.

Un "autre point de vue" verrouillé

Les opposants ont toutefois été autorisés à manifester près du palais Oktiabrski à l'autre bout de la perspective Nevski à plus de 2 km de la Place du Palais.
Les manifestants "n'auront ni drapeaux, ni affiches, justes des oeillets blancs pour souligner le caractère pacifique de la manifestation", a précisé Mme Kournossova.

"Je respecte ceux qui votent Poutine, mais je ne comprends pas pourquoi je ne peux pas exprimer un autre point de vue", a déclaré à l'AFP Evguéni Konovalov, étudiant d'un institut polytechnique.