Etats-Unis: Le message ambigu de Trump sur les potentiels conflits d’intérêts de sa présidence

ETATS-UNIS Le président élu bénéficie d'une législation américaine très souple sur la question...

M.C.

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Le président américain élu Donald Trump
Le président américain élu Donald Trump — SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Surprise et indignation ont accueilli la photo de la première rencontre de Donald Trump avec un dirigeant étranger jeudi dernier : on y voit le président élu s’entretenir avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, et sa fille Ivanka assister à l’entrevue depuis un fauteuil de l’autre côté de la table.

Rencontre entre le Premier ministre japonais Shinzo Abe et Donald Trump, en présence de sa fille Ivanka, à New York le 18 novembre 2016.
Rencontre entre le Premier ministre japonais Shinzo Abe et Donald Trump, en présence de sa fille Ivanka, à New York le 18 novembre 2016. - STR / Cabinet Secretariat / AFP

La présence lors de cette rencontre au sommet de la fille du milliardaire, qui comme ses frères Eric et Donald Jr fait partie de l’équipe de transition du président élu, et comme eux doit également se voir confier la gestion de ses affaires, illustrait l’un des nombreux conflits d’intérêts potentiels entre les deux activités de Donald Trump, qui doit gérer à la fois ses affaires et celles des Etats-Unis. L’intéressé a assuré mardi au New York Times que sa présidence ne serait pas émaillée de conflits d’intérêts, en restant toutefois évasif sur les mesures concrètes qu’il entend mettre en place.

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« Je pourrais parfaitement gérer mes affaires tout en dirigeant le pays »

« En théorie, je pourrais parfaitement gérer mes affaires tout en dirigeant parfaitement le pays », a affirmé le magnat qui a fait fortune en bâtissant un vaste réseau d’hôtels et d’immeubles de luxe, selon des propos rapportés par des journalistes du quotidien new-yorkais sur Twitter.

« J’aimerais faire quelque chose » pour séparer clairement ces deux activités, a-t-il simplement indiqué, reconnaissant que sa position était inédite et disant en substance qu’il n’a rien à se reprocher au regard de la loi.

La marque Trump est plus « sexy » que jamais

Sur ce point, Donald Trump bénéficie en effet d’une législation américaine très souple. Le président et le vice-président peuvent ainsi combiner leurs mandats avec des activités économiques. Celles-ci ne se sont d’ailleurs jamais aussi bien portées que depuis son élection, a-t-il lancé au New York Times. Le Trump Hotel, son tout nouveau palace de Washington, est un « bien qui a plus de valeur » maintenant « qu’il n’en avait auparavant ». Car la marque Trump, s’est-il enorgueilli, est plus « sexy » que jamais.

Brouillant encore un peu plus ce message, l’Argentine a révélé mardi qu’Ivanka Trump avait également pris part à un entretien téléphonique entre son père et le président Mauricio Macri, le 14 novembre. Mais ils n’auraient échangé « que des banalités », a affirmé Buenos Aires. Lundi, le dirigeant argentin a nié avoir été sollicité par le président élu américain pour l’obtention d’un permis de construire d’une Trump Tower à Buenos Aires.