La grève coûteuse pour les entreprises mais pas pour l'économie

REGIMES SPECIAUX L'Insee évoque un demi-milliard d'euros...

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La grève dans les transports représente un coût certain pour les entreprises, notamment dans l'industrie, le commerce et l'hôtellerie, mais qui reste limité pour l'ensemble de l'économie, selon les experts.
La grève dans les transports représente un coût certain pour les entreprises, notamment dans l'industrie, le commerce et l'hôtellerie, mais qui reste limité pour l'ensemble de l'économie, selon les experts. — Thierry Zoccolan AFP/archives

La grève aura coûté moins cher que prévu, selon les experts de l’Insee. Vendredi, ils évoquaient un montant de l’ordre d’un demi-milliard d’euros, soit beaucoup plus faible que les 2,7 à 3,6 milliards d’euros sur lesquels tablait Christine Lagarde pour les neuf jours du mouvement.

Effet sur la croissance de l'ordre de 0,1 point

En début de semaine, la ministre de l'Economie avait évalué le coût du conflit entre «300 et 400 millions d'euros par jour». La présidente du Medef, Laurence Parisot, avait quant à elle jugé le coût du mouvement «incalculable» et «probablement gigantesque».

L’institut de la statistique est moins alarmiste : «L'effet sur la croissance du 4e trimestre sera faible, de l'ordre de 0,1 point de PIB, et encore plus faible sur l'année».

Le coût pour les entreprises, en revanche, est bien réel. La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) a évoqué vendredi une perte de chiffre d'affaires «importante» pour beaucoup d'entre elles. Faisant état de «difficultés de trésorerie» pour les plus fragiles, elle a réclamé un «paiement étalé» de leurs échéances sociales et fiscales.

Le fret particulièrement touché

Premier groupe touché, la SNCF évalue les pertes à quelque 20 millions d'euros par jour, dont la moitié pour le fret, déjà en crise chronique. La société nationale a par ailleurs annoncé vendredi qu'elle allait dédommager les usagers, y compris les abonnés, des grandes lignes, des trains régionaux et franciliens. La RATP, auquel le mouvement a déjà coûté quelque 4 millions d'euros par jour, fera de même. Les deux entreprises ont toutefois fait des économies pendant la grève sur les salaires non-versés.

Pour l'impact sur le tissu économique, le directeur général du Fret SNCF, Oliver Marembaud, a affirmé que jusqu'à une vingtaine de sites industriels avaient été proches de la rupture d'approvisionnement dans les derniers jours de grève. Dès la semaine dernière, le leader mondial de l'acier et premier client de la SNCF, ArcelorMittal, avait «tiré le signal d'alarme», estimant que la grève pesait sur son outil industriel.

Baisse de fréquentation dans le commerce

Les responsables du secteur du commerce, enfin, ont signalé une baisse de fréquentation pouvant aller jusqu'à 40% ou 50% dans les grands magasins, même si la perte devrait être en partie compensée après la fin du mouvement. Un rattrapage qui sera plus difficile pour les hôtels franciliens.