États-Unis: Donald Trump rencontre son ancien adversaire Mitt Romney

POLITIQUE Les deux hommes se sont entretenus pendant près d'1h30, mais le candidat malheureux du parti républicain de 2012 n'est pas seul en lice pour les Affaires Etrangères...

B.D. avec AFP

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Donald Trump raccompagne Mitt Romney après leur entretien au pavillon du golf Trump de Bedminster, dans le New Jersey, le 19 novembre 2016.
Donald Trump raccompagne Mitt Romney après leur entretien au pavillon du golf Trump de Bedminster, dans le New Jersey, le 19 novembre 2016. — Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Donald Trump a reçu ce samedi son ex-contempteur Mitt Romney, ancien candidat à la Maison Blanche en 2012, dans le golf Trump où il poursuit ses consultations pour former le prochain gouvernement américain. Les deux hommes, qui s'étaient échangés des noms d'oiseaux durant la campagne présidentielle, n'ont pas confirmé si Mitt Romney était effectivement finaliste pour devenir le chef de la diplomatie de Donald Trump, ou s'il s'agissait uniquement d'une visite de courtoisie visant à panser les plaies au sein du camp républicain.

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«Nous avons eu une grande conversation sur les divers théâtres mondiaux où les Etats-Unis ont des intérêts significatifs», a déclaré Mitt Romney à l'issue d'une rencontre d'une heure et 25 minutes dans le pavillon du golf Trump de Bedminster, dans le New Jersey, où le successeur de Barack Obama passe le week-end. Marque de respect, Donald Trump l'avait accueilli sur le perron, et il l'a raccompagné, lui serrant longuement la main devant la presse.

«Cela s'est très bien passé»

«Nous avons discuté de ces domaines et échangé nos points de vue sur ces sujets, une discussion très complète et en profondeur dans le temps qui nous était imparti. J'apprécie l'opportunité de parler avec le président élu, et j'attends avec impatience la prochaine administration», a dit Mitt Romney, dans cette brève déclaration focalisée sur les enjeux internationaux. «Cela s'est très bien passé», a lancé de loin Donald Trump.

Donald Trump a nommé vendredi trois membres de son équipe (Justice, CIA et conseiller à la sécurité nationale), mais il lui reste encore une quinzaine de hauts postes à remplir dans son cabinet gouvernemental, notamment au département d'Etat et à la Défense, et des milliers de postes à Washington, une opération supervisée par son équipe de transition.

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Parmi les autres personnalités reçues ce samedi à Bedminster figuraient le général à la retraite James Mattis, candidat potentiel au Pentagone, et Michelle Rhee, ancienne chef controversée des écoles de Washington. Revenant à l'extérieur, Donald Trump a qualifié cette dernière de «très talentueuse». Il a dit que des nominations «pourraient» être annoncées ce samedi.

Depuis son élection le 8 novembre, il a également reçu des dizaines de recrues potentielles à la Trump Tower de New York, notamment des élus du Congrès et l'actuel directeur du service d'espionnage National Security Agency (NSA), l'amiral Mike Rogers. Au total, Donald Trump s'est aussi entretenu avec une trentaine de dirigeants étrangers, selon son entourage, dont récemment le Premier ministre irakien Haider Al-Abadi, et le Premier ministre japonais Shinzo Abe en personne jeudi.

Romney diplomate ?

Le recrutement de Mitt Romney, 69 ans, candidat malheureux du parti républicain à la Maison Blanche, représenterait une formidable prise et pourrait rassurer nombre d'alliés des Etats-Unis. Cet ancien homme d'affaires vivait depuis 2012 en relative réserve de la politique mais en était sorti en mars dernier pour dénoncer l'ascension de Donald Trump, dans un discours au vitriol. «Donald Trump est un charlatan, un imposteur. Ses promesses ne valent pas mieux qu'un diplôme de l'université Trump. Il prend les Américains pour des pigeons», avait-il déclaré.

Les deux hommes ne pourraient pas être plus différents sur le style, Mitt Romney étant un patricien mormon au langage châtié. Mitt Romney appartient aussi à l'establishment républicain contre lequel Donald Trump a bâti son succès. S'il était nommé secrétaire d'Etat, le poste le plus important dans l'ordre protocolaire après le vice-président, Mitt Romney pourrait s'appuyer sur sa forte notoriété mondiale, bien qu'il n'ait quasiment pas d'expérience de la diplomatie.

Mais encore faudrait-il qu'il s'accorde sur le fond avec Donald Trump, notamment sur la Russie. Alors que le prochain président multiplie les paroles de conciliation à l'adresse de Vladimir Poutine, Mitt Romney avait estimé en 2012 que Moscou était l'ennemi géopolitique numéro un des Etats-Unis.