Gouvernement Trump: Jeff Session, l'anti-immigration qui faisait des blagues sur le KKK

ETATS-UNIS Le candidat choisi pour le poste de ministre de la Justice a été accusé de racisme par le passé...

Philippe Berry

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Le sénateur républicain Jeff Sessions, candidat de Donald Trump pour le poste de ministre de la Justice.
Le sénateur républicain Jeff Sessions, candidat de Donald Trump pour le poste de ministre de la Justice. — Carolyn Kaster/AP/SIPA

Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid sur ses choix pour son gouvernement. Vendredi, il a annoncé que son candidat pour le poste d’Attorney general (ministre de la Justice) serait le sénateur Jeff Sessions, une figure controversée qui avait été recalée pour une position de juge fédéral en 1986 face à des accusations de racisme.

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Un avocat noir l’avait notamment accusé de l’avoir appelé « boy », un terme renvoyant aux jours sombres de l’esclavage. Il aurait également, selon un ancien collaborateur, employé le mot « nigger » (nègre). Sessions avait réfuté les deux accusations, déclarant : « Je ne suis pas raciste, j’ai supporté le mouvement des droits civiques ». Il avait reconnu avoir déclaré « Je trouvais le KKK sympa jusqu’à ce que j’apprenne qu’ils fumaient du cannabis » mais juré qu’il s’agissait « clairement d’une plaisanterie ».

De bonnes chances d’être confirmé par le Sénat

Aux Etats-Unis, la plupart des postes gouvernementaux doivent être confirmés par un vote au Sénat, d’abord en commission puis devant la chambre haute du Congrès au complet. Selon Politico, Sessions ne devrait pas rencontrer d’obstacles majeurs : un sénateur républicain modéré du comité judiciaire, Jeff Flake, lui a en effet apporté son soutien. Et avec leur majorité au Sénat, les républicains sont en position de force, alors que les démocrates ont modifié la loi il y a trois ans : désormais, une majorité simple suffit pour une confirmation, contre 60 voix sur 100 précédemment.

Inquiétudes des minorités

Au Sénat, Sessions a bloqué pendant sept ans toute réforme de l’immigration. Il ne veut pas juste expulser les sans-papiers et bloquer toute régularisation, il souhaite également limiter le nombre d’immigrés accueillis légalement aux Etats-Unis. Dans un mémo, il a qualifié de « hoax » l’affirmation des patrons de la Silicon Valley qu’il n’y a pas assez d’ingénieurs américains qualifiés.

A la tête de la Justice, il ne serait cependant pas directement chargé de superviser les questions d’immigration (qui dépendent plutôt du département à la Sécurité intérieure). En revanche, il serait en première ligne pour décider d’ouvrir ou non des enquêtes fédérales sur les actions des policiers. Et la communauté LGBT, dont la protection des droits a été l’une des priorités du gouvernement Obama, s’inquiète déjà. Donald Trump a toutefois cherché à les rassurer, insistant qu’il n’avait pas l’intention de revenir sur la légalisation du mariage gay : « La Cour suprême a tranché, c’est terminé et ça ne me pose pas de problème. »