Uribe éconduit la médiation de Chavez

Armelle Le Goff - ©2007 20 minutes

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Viré. Le président colombien, Alvaro Uribe, a brutalement mis fin hier à la médiation de son homologue vénézuélien Hugo Chavez dans l'affaire Betancourt. Motif : ingérence dans les affaires de l'Etat. Le président colombien reproche au président Chavez d'avoir appelé au téléphone le commandant de l'armée colombienne et de l'avoir interrogé sur les otages. Or, Uribe aurait justement demandé au médiateur vénézuélien de ne pas entrer en contact avec son armée.

Pour les proches de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, otage des Farc depuis 2002, c'est la consternation. « C'est la même chose depuis cinq ans. A chaque fois qu'il y a un espoir, il y a un revirement d'Uribe », dénonce Hervé Marro. Pour le porte-parole du Comité de soutien à Ingrid Betancourt, il n'y a jamais eu d'appel passé par Chavez au commandant de l'armée colombienne, donc pas de raison valable de mettre un terme à sa mission. D'autant que le président vénézuélien venait d'être reçu à Paris par le président français. Très investi dans le dossier, Nicolas Sarkozy a aussitôt envoyé un message à son homologue colombien pour lui demander de « maintenir le dialogue » avec Chavez. Selon la présidence française, Sarkozy va « attendre que la température redescende un peu » pour appeler le chef d'Etat colombien. Mais à Bogota, on a déjà fait savoir « qu'il n'y aura pas de marche arrière ». Et poliment invité le président français à se mêler de ses affaires.