«Make America White Again»: Les incidents racistes se multiplient depuis l'élection de Trump

ETATS-UNIS Les associations sonnent l'alarme...

P.B. avec AFP

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Une église de Silver Springs, dans le Maryland, a été maculée d'inscriptions racistes.
Une église de Silver Springs, dans le Maryland, a été maculée d'inscriptions racistes. — Episcopal Church of Our Savior

Les suprémacistes blancs ne se cachent plus. Depuis la victoire de Donald Trump, la semaine dernières, les incidents racistes et islamophobes se multiplient aux Etats-Unis. Et les associations redoutent que sont élection ait libéré des démons aux Etats-Unis.

Croix gammée et slogan nazi tagués sur une devanture de Philadelphie, chants xénophobes entonnés dans un lycée de New York, lettres de menaces distribuées dans le Massachusetts, injures envahissant les campus universitaires : depuis mardi 8 novembre, les témoignages sur de tels faits se multiplient dans tout le pays grâce aux réseaux sociaux.

Je porte un foulard. Aujourd’hui quelqu’un m’a dépassée sur le quai en me disant : ''Ton heure a sonné, ma petite'' », a ainsi écrit sur Twitter Mehreen Kasana, une journaliste.

Condamnation de Donald Trump

La minorité hispanique, cible d’attaques par Donald Trump durant toute sa campagne, semble particulièrement exposée, comme l’a constaté l’organisation Southern Poverty Law Center (SPLC), qui a commencé un recensement des récents débordements racistes. Ainsi, dans la ville de Silver Springs, dans le Maryland, une église fréquentée par les Latinos a été maculée des inscriptions « Whites Only » (« Réservé aux Blancs ») et « Trump Nation ».

Interrogé sur les dérapages et attaques xénophobes constatés depuis sa victoire électorale, Donald Trump a assuré qu’il s’agissait d’un « très petit nombre » de faits. « Il faut que cela s’arrête », a-t-il ajouté sur CBS.

200 actes signalés

De mardi à vendredi, le SPLC a recensé plus de 200 actes motivés par la haine d’un groupe humain, les victimes étant des Noirs, des femmes, des membres de la communauté LGBT.

Voici par exemple le témoignage d’un enseignant de l’Etat de Washington : « Dans la cafétéria mercredi à déjeuner, des gens ont scandé 'Construisez le mur'. Dans ma classe des élèves ont crié 'Si vous n’êtes pas nés ici, faites vos valises' ».

« Ce n’est pas comparable à l’époque (de la ségrégation et) du mouvement des droits civiques. Personne n’incendie d’église », a commenté au New York Times Richard Cohen, président du Southern Poverty Law Center. « Mais sans aucun doute, il y a un essor ». La police fédérale américaine FBI a de son côté rendu public lundi un rapport faisant état d’une hausse de 67 % des actes antimusulmans en 2015.

C’est dans ce climat inquiétant que Donald Trump a nommé comme haut conseiller à la Maison Blanche le sulfureux Steve Bannon, un ultra-conservateur connu pour ses liens avec les suprématistes blancs. Ce choix « ne fait qu’enhardir davantage les franges extrémistes en cette période très tendue », a conclu Oren Segal, directeur de l’organisation Anti-Defamation League. Dans le même temps, l’ancien grand prêtre du KKK, David Duke s’est réjoui de la victoire de Trump sur Twitter : « C’est l’une des nuits les plus excitantes de ma vie. C’est une certitude, notre mouvement a joué un rôle ENORME pour élire Trump »