Colombie: Un accord remanié pour tenter de sauver la paix avec les Farc

COLOMBIE L'accord de paix historique signé fin septembre avait été rejeté par les Colombiens...

20 Minutes avec AFP

— 

Le président colombien Juan Manuel Santos à Bogota, le 12 novembre 2016.
Le président colombien Juan Manuel Santos à Bogota, le 12 novembre 2016. — HO / Colombian Presidency / AFP

La paix n’est pas morte en Colombie, malgré le rejet d’un accord historique le mois dernier. La guérilla des Farc et le gouvernement colombien ont annoncé samedi à Cuba avoir conclu un traité de paix remanié pour tenter de sauver le pacte mettant fin à 52 ans de conflit dans le pays.

>> A lire aussi : Le Nobel de la paix attribué au président colombien Juan Manuel Santos pour ses efforts de paix

« Je dois humblement reconnaître que ce nouvel accord est un meilleur accord », a déclaré le chef de l’Etat colombien Juan Manuel Santos, à Bogota, dans un entretien télévisé. « Nous sommes parvenus à un nouvel accord de paix final pour la fin du conflit armé, qui contient des changements, des précisions et des contributions de divers secteurs de la société », ont annoncé les parties dans un communiqué commun lu à La Havane par des diplomates de Cuba et de Norvège, pays garants du processus de paix.

Le camp du « non » prônait des sanctions plus sévères pour les ex-guérilleros

La guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et le gouvernement du président Juan Manuel Santos tenaient depuis le 22 octobre à La Havane des discussions sur les changements pouvant être apportés pour sauvegarder l’accord signé le 26 septembre après quatre ans de négociations à Cuba.

Le texte avait été rejeté à la surprise générale lors d’un référendum le 2 octobre, empêchant sa mise en application qui visait à mettre fin à un conflit armé de plus d’un demi-siècle, le plus ancien d’Amérique latine. L’accord initial prévoyait que les Farc déposent les armes et deviennent un parti politique, mais le camp du « non » en Colombie, mené par l’ex-président Alvaro Uribe, prônait des sanctions plus sévères pour les ex-guérilleros.

260.000 morts, 7 millions de déplacés et 45.000 disparus

« Le nouvel accord doit constituer un compromis entre tous les Colombiens qui contribue à dépasser la polarisation et rassemble toutes les expressions politiques et sociales », indiquent les négociateurs. Ces deniers ont indiqué que le détail des modifications apportées à l’accord serait mis en ligne sur internet dans la soirée, tandis que la publication du texte complet de l’accord interviendra « dans les prochains jours ».

« Nous sommes convaincus que ce document propose des chemins viables » pour mettre fin à un conflit qui a fait officiellement 260.000 morts, près de 7 millions de déplacés et quelque 45.000 disparus, a souligné devant la presse le chef négociateur de la partie gouvernementale, Humberto de la Calle.