Mossoul: L’armée irakienne progresse dans les rues de la ville

IRAK Les forces d’élite ont repris leur offensive contre le dernier bastion de l’Etat islamique…

20 Minutes avec AFP

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Des soldats des forces spéciales irakiennes dans Mossoul, le 11 novembre 2016.
Des soldats des forces spéciales irakiennes dans Mossoul, le 11 novembre 2016. — ODD ANDERSEN / AFP

La bataille continue. Les forces d’élite irakiennes ont relancé vendredi l’offensive dans la ville de Mossoul, dernier bastion de Daesh en  Irak, au moment où l’ONU faisait état de l’exécution par les jihadistes de dizaines de personnes pour « trahison ». Confrontées à une vive résistance de l’Etat islamique lors de leur entrée il y a une semaine dans les quartiers est de Mossoul, les unités du contre-terrorisme irakien (CTS) avaient décidé de consolider leurs positions dans la périphérie avant de poursuivre leur progression.

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Ce vendredi en fin d’après-midi, les combats connaissaient une accalmie mais les CTS tiraient périodiquement au mortier vers des positions de l’EI dans la région d’Arbajiyah, a constaté l’AFP. Entre 3.000 et 5.000 jihadistes se trouveraient à Mossoul, selon des estimations américaines. Leur chef, Abou Bakr al-Baghdadi, les a exhortés à lutter jusqu’au bout.

Des drones utilisés pour repérer les éventuels kamikazes

« Nos forces ont lancé l’attaque contre Arbajiyah », a déclaré un commandant des CTS, Mountadhar Salem, se référant à une zone dans l’est de la deuxième ville d’Irak. Ces combats interviennent « après quelques jours de calme ». Dans une main, le commandant tient une radio et dans l’autre une tablette où l’on peut voir un plan de la ville, avec les rangées d’habitations reprises par les CTS.

Carte de la région de Mossoul avec les points clés de la situation militaire, les forces déployées, les mouvements des troupes et l'entrée des forces irakiennes dans Mossoul
Carte de la région de Mossoul avec les points clés de la situation militaire, les forces déployées, les mouvements des troupes et l'entrée des forces irakiennes dans Mossoul - CRÉDITIRIS ROYER DE VERICOURT THOMAS SAINT-CRICQ PAZ PIZARRO / AFP

Dans un poste de commandement improvisé dans une maison, un militaire contrôle, via une tablette, un drone de reconnaissance pour surveiller d’éventuels kamikazes. Outre ces attaques suicide, les voitures piégées et les nombreux explosifs disséminés dans les maisons et immeubles, l’EI a mis en place un vaste réseau de tunnels souterrains qui lui permet de mener une guérilla urbaine. Il utilise également les civils comme boucliers humains.

Les civils, premières victimes

Selon l’ONU, l’EI a exécuté cette semaine au moins 60 d’entre eux à Mossoul et dans ses environs. Les victimes, dont les corps ont été suspendus aux poteaux électriques de la ville, étaient vêtues d’une tenue orange, avec des inscriptions : « traîtres et agents des ISF » (acronyme en anglais pour forces irakiennes de sécurité), affirme le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme.

Les combats poussent de nombreux civils à fuir. Plus de 47.000 personnes ont été déplacées en Irak depuis le lancement le 17 octobre de la vaste offensive des forces irakiennes soutenues par la coalition internationale pour reprendre Mossoul, a indiqué vendredi l’Organisation internationale pour les migrations.