Présidentielle américaine: Jackie, Michelle... Quel genre de First Lady Melania Trump sera-t-elle?

FIRST LADY L'épouse du milliardaire passera les quatre prochaines années à la Maison Blanche...

A.B.

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Malgré son profil à mille lieues des précédentes First Ladies, Melania Trump accompagnera son mari à la Maison Blanche pour les quatre prochaines années.
Malgré son profil à mille lieues des précédentes First Ladies, Melania Trump accompagnera son mari à la Maison Blanche pour les quatre prochaines années. — SIPANY/SIPA

Il y a eu Jackie Kennedy, Hillary Clinton et Michelle Obama. Désormais, il y aura Melania Trump. Ex-mannequin née en Slovénie, l’épouse de Donald Trump, le milliardaire fraîchement élu président des Etats-Unis, prendra ses quartiers à la Maison Blanche pour les quatre prochaines années, devenant ainsi la première femme d’origine étrangère d’un président américain depuis près de deux siècles. Qui est-elle ? Que sait-on de son parcours et quel rôle jouera-t-elle aux côtés de son époux président ?

Photos dénudées et soupçons de travail illégal

Prochaine First Lady à compter de janvier prochain, Melania Trump n’avait pourtant pas le profil type d’une femme de président. Née il y a 46 ans en Slovénie, celle qui était alors Melanija Knavs a débuté en faisant carrière dans le mannequinat, quittant sa Slovénie natale pour l’Italie, avant de poser ses valises à New York en 1996. Année durant laquelle la jeune femme pose nue pour des photos de charme. Juillet 2016, en pleine campagne présidentielle sanglante, le New York Post exhume et publie les clichés, qui provoquent un double scandale.

D’abord, parce qu’une potentielle future Première dame ne doit pas traîner de casseroles contenant des photos de charme. Mais aussi parce que les clichés en question auraient été pris aux Etats-Unis en 1995, soit un an avant la date à laquelle Melania Trump déclare être arrivée dans le pays, de quoi la faire accuser d’avoir menti et travaillé illégalement aux Etats-Unis alors qu’elle n’avait pas encore de papiers le lui permettant. Discrète, l’épouse de Donald Trump sortira de sa réserve pour se disculper sur Twitter et le New York Post fera son mea culpa.

« J’ai toujours été en règle avec les lois de ce pays sur l’immigration », a simplement assuré sur Twitter Melania Trump, devenue citoyenne américaine en 2006, et qui considère le fait d’être devenue américaine comme un « privilège ».

Le fiasco du discours plagié

Un scandale n’arrivant jamais seul, c’est à la même période en juillet dernier que sa toute première prise de parole publique lors de la convention du parti républicain tourne au fiasco. Plutôt bien construit, le speech se révèle êtreune copie quasi conforme d’un discours de l’actuelle Première dame, Michelle Obama, datant de 2008. Vidéo à l’appui, la presse mondiale lui tombe sur le paletot.

Rapidement, la « plume » de son discours sort de l’ombre pour endosser l’entière responsabilité de cette bourde.

Melania Trump, elle, y retourne et laisse à sa belle-fille Ivanka le soin d’apporter la touche féminine à la campagne de Donald Trump, provoquant l’apparition sur Twitter du hashtag #WhereisMelania (où est Melania). Là encore, c’est sur Twitter que l’épouse du milliardaire s’explique en répondant : « Je profite de la vie et de ma famille et j’aime notre pays ».

Une First Lady en mode Jackie Kennedy

Radicalement différente de celles qui l’ont précédée, l’ancienne mannequin, épouse de milliardaire et fashionista avertie devrait toutefois avoir une approche très classique de ses nouvelles fonctions de First Lady. Interrogée en 1999 par le New York Times sur une éventuelle candidature de son mari à la Maison Blanche, elle avait déclaré qu’elle ferait aux côtés de son mari une Première dame « très traditionnelle - comme Betty Ford ou Jackie Kennedy. Je le soutiendrai ».

Une quinzaine d’années plus tard, Melania Trump a mis ses principes à exécution. Oubliées les selfies, les photos bling-bling de son penthouse juché au sommet de la Trump Tower à New York, de sa garde-robe de créateurs ou de ses escapades aux quatre coins du monde en bikini postées sur Twitter.

A compter du lancement de la campagne de Donald Trump, son épouse a verrouillé sa communication. Melania Trump l’a joué low profile et a fait dans la sobriété, se montrant bonne patriote et d’un soutien sans faille pour son mari, de vingt-quatre ans son aîné.

Désormais, Melania Trump va devoir sillonner les Etats-Unis et le monde aux côtés de son mari, défendre de bonnes causes et, nouvelles fonctions obligent, travailler ses prises de parole. Au cours des quelques interviews qu’elle a pu donner au cours des derniers mois, l’épouse de Donald Trump a déclarédéfendre son mari « à 100 % ».

Humaniser Donald Trump

Les propos sexistes de son mari ? De simples « conversations de mec », rétorque-t-elle.  « Il fera un président fantastique, avait-elle déclaré début novembre à Berwyn près de Philadelphie, lors de sa première intervention sans Donald Trump. A chaque fois que mon mari apprend qu’une usine a fermé dans l’Ohio ou la Caroline du Nord ou ici en Pennsylvanie, je vois qu’il est très fâché », avait-elle affirmé, cherchant humaniser et lisser l’image de son mari.

A l’opposé de prises de positions violentes, racistes et sexistes de son mari, Melania Trump s’est faite l’avocate des « valeurs américaines : gentillesse, honnêteté, respect, compassion, générosité ». « Nous devons trouver une meilleure façon de nous parler, d’être en désaccord, de nous respecter », avait insisté il y a quelques semaines. Alors que son mari était accusé de gestes constitutifs d’agressions sexuelles par plus d’une dizaine de femmes, elle s’était présentée comme une femme « indépendante », assurant que son époux « [respectait] les femmes et leur [offrait] les mêmes opportunités » qu’aux hommes.