Présidentielle américaine: Steve Bannon, l'homme de l'ombre qui a fait élire Donald Trump

USA Donald Trump n'est pas devenu président des Etats-Unis tout seul, il a pu compter sur une équipe et surtout un homme, de l'ombre et des médias, son directeur de campagne Steve Bannon...

V. J.

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Steve Bannon, directeur de campagne de Donald Trump et homme de l'ombre de sa victoire
Steve Bannon, directeur de campagne de Donald Trump et homme de l'ombre de sa victoire — Evan Vucci/AP/SIPA

Avant qu’il ne soit nommé directeur de la campagne deDonald Trump en août 2016 et qu’il se retrouve ainsi un peu dans la lumière, Stephen Bannon était un inconnu pour le grand public. Et même un homme de l’ombre. Le média américain Bloomberg en faisait pourtant le portrait dès l’automne 2015, sous le titre évocateur « Cet homme est la machine politique la plus dangereuse d’Amérique ». Tout simplement. Le polémiste conservateur et commentateur de la chaîne Fox Glenn Beck, lui, le surnommait « Goebbels ». Ah oui quand même. Aujourd’hui, Trump lui doit - en partie - sa victoire.

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Le « Leni Riefenstahl du Tea Party »

A 62 ans, Steve Bannon a déjà eu plusieurs vies : officier naval, banquier chez Goldman Sachs, réalisateur et producteur et patron de Breitbart News, site conservateur et « alt-right », qui a joué un rôle clé dans la candidature, la campagne et enfin la victoire de Trump. A Hollywood, il a produit quelques films (Indian Runner, Titus), mais surtout signé plusieurs documentaires engagés, dont une hagiographie de Sarah Palin et un pamphlet contre le mouvement Occupy. Comme le rappelle Le Monde, Andrew Breitbart, le fondateur du site éponyme, n’avait pas hésité à qualifier Steve Bannon de « Leni Riefenstahl du Tea Party », du nom de la cinéaste de la propagande nazie. C’était avant sa mort en 2012, et avant que Steve ne le remplace.

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Breitbart News, une voix de plus en plus puissante

Avec Bannon à sa tête, Breitbart vire très à droite, avec des prises de position sensationnalistes, mais surtout sexistes, homophobes, racistes. Du genre « Préférez-vous que votre enfant attrape le féminisme ou le cancer ? », « Il n’y pas de discrimination contre les femmes à l’embauche, elles sont juste nulles en entretien », « La contraception rend les femmes moches et folles ». Tout un programme, qui pèse aujourd’hui 240 millions de pages vues et 37 millions de visiteurs uniques par mois. « Hier une curiosité de l’aile droite, le site de d’infos et d’opinions est devenu une voix toujours plus puissante, concédait le New York Times à la fin de l’été.

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Docteur Jekyll et Mister Hyde

Aussi rare en interview qu’en photo, Steve Bannon est présenté par Bloomberg comme un Docteur Jekyll et Mister Hyde, avec d’un côté le style brutal et old school de Breitbart News, et de l’autre une approche plus sophistiquée avec son Government Accountability Institute, une organisation à but non lucratif avec laquelle il a fait publier Clinton Cash, une enquête sur comment les Clinton se seraient enrichis sur le dos de leur fondation. Même topo avec Jeb Bucks sur le frère Bush.

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Next destination : France

Car Bannon est aussi critique envers les démocrates que les républicains, et c’est pourquoi il a choisi Donal Trump comme candidat. Candidat anti-Clinton, anti-élites, anti-médias, anti-système. Dans le dernier numéro du Tube de Canal +, la correspondante Laurence Haïm explique qu’après deux premiers débats en roue libre, Trump est apparu ensuite mieux préparé, mieux canalisé : « Bannon a eu une vraie influence sur lui. »

Après Londres ou Jérusalem, Breibart News prépare bientôt son arrivée en France, pour la présidentielle. « Nous pensons que la France est l’endroit où il faut être, expliquait cet été Steve Bannon au site Radio Londres. Avec ses jeunes entrepreneurs, les femmes de la famille Le Pen… Marion Maréchal-Le Pen est la nouvelle étoile montante. » C’est dit.