VIDEO. Présidentielle américaine : Quel avenir pour Hillary Clinton ?

ETATS-UNIS La candidate démocrate a voué sa vie à son ambition politique et à celle de son mari…

Florence Floux avec Laure Cometti

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Hillary Clinton, le 2 novembre 2016 en Arizona.
Hillary Clinton, le 2 novembre 2016 en Arizona. — Andrew Harnik/AP/SIPA

Elle ne s’exprimera qu’à 15 h 30, d’après son équipe de campagne. Pour Hillary Clinton, l’ex-future première présidente des Etats-Unis, le choc est très rude. L’élection de Donald Trump à la tête du pays ce mercredi a marqué la fin de l’ambition d’une vie. Car l’ancienne secrétaire d’Etat a réellement dévolu son existence entière à unir son destin à celui de l’histoire politique du pays.

Pour les observateurs, ce 8 novembre est bien la fin d’une histoire qui a commencé dans les années 1970, lorsque son mari, Bill Clinton, commence sa carrière politique en Arkansas, en briguant le poste de gouverneur après avoir raté celui de représentant. Brillante avocate, Hillary Rodham Clinton poursuit sa carrière et conserve son nom de jeune fille. Un comportement que goûtent peu les électeurs. Le couple Clinton croit pouvoir imposer sa loi et sa modernité, il se trompe. Bill est battu dès 1980, avant d’être réélu en 1984.

Une ambition personnelle repoussée

Très vite, Hillary Clinton montre des ambitions politiques personnelles. En 1990, alors que les Clinton n’occupent pas encore la Maison-Blanche, celle qui va devenir la First lady et la plus proche conseillère du président fait réaliser des sondages pour éventuellement succéder à Bill comme gouverneur d’Arkansas. Les résultats s’avèrent négatifs.

Arrivée à la Maison-Blanche, Hillary travaille sans relâche sur le projet de réforme du système de santé. Très vite, elle est obligée d’abandonner car l’opposition et la presse dénoncent un projet trop complexe et la personnalité inflexible de la Première dame. Détestée par une partie des Américains, elle est invitée par les conseillers de son mari à se mettre en retrait.

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La guerre en Irak, erreur irréparable ?

A la fin du dernier mandat de Bill Clinton, Hillary se jette dans la bataille politique pour défendre enfin son prénom et devenir sénatrice de l’Etat de New York. Alors que son mari n’a pas quitté le Bureau ovale, elle fait campagne pendant que sa fille Chelsea remplit les devoirs de First lady. C’est un succès pour Hillary, qui est élue en janvier 2001, quelques mois avant le 11 septembre. L’une des erreurs politiques qui lui seront les plus reprochées par la suite intervient peu après, en 2002, lorsqu’elle vote en faveur de la guerre en Irak…

Une faute qui va profiter à un autre sénateur, venu de l’Illinois : Barack Obama, en 2008. L’élu de Chicago se présente, comme l’ex-Première dame, à la primaire démocrate et relaie Hillary Clinton au rang de spectatrice. Très marquée dans l’esprit des électeurs par le bilan des mandats successifs de son mari, Hillary Clinton fait figure d’ancêtre de l’establishment à côté de celui qui devient le premier président afro-américain.

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Le discours de Hillary Clinton au moment de reconnaître sa défaite face au candidat investi par le parti démocrate en 2008 fait aujourd’hui écho avec les résultats de la nuit : « Si vous trébuchez, gardez la foi. Si vous êtes mis K.-O., relevez-vous tout de suite, et n’écoutez pas ceux qui vous disent d’abandonner. »

« Si Hillary perd, l’humiliation sera totale »

Il paraît peu probable que la candidate malheureuse suive ses propres conseils. « C’est une défaite cuisante. En 2020, elle aura 70 ans, je la vois mal être à nouveau candidate. C’est fini, pour Hillary Clinton », estime Alix Meyer, professeur de civilisation américaine à l’université de Bourgogne. Romain Huret, directeur d’études à l’EHESS, renchérit : « C’est une défaite au goût amer car elle attend ce rêve depuis trente ans. »

Olivier O’Mahony, journaliste auteur du livre Les Billary, enquête sur le couple de pouvoir le plus fascinant du monde (Flammarion), prophétisait : « Si Hillary perd, l’humiliation sera totale. En 2008, les portes de la Maison-Blanche lui semblaient grandes ouvertes, mais Barack Obama lui a barré la route. Se faire battre par Donald Trump n’a évidemment pas la même signification. Le milliardaire est seul contre tous ; le Parti républicain n’est même pas unifié derrière lui ! Hillary, elle, a bénéficié d’une union sacrée sur sa candidature (…). Une défaite l’enverrait à la retraite. Ce serait alors à Chelsea, qui se dit tentée par un poste électif, de reprendre le flambeau. » Mais les dernières tribulations de sa mère ne vont-elles pas dégoûter Chelsea de toute tentation électorale ?