Pervez Musharraf fixe les législatives au 8 janvier

PAKISTAN Le Président a également fait libérer 3.400 personnes arrêtées en vertu de l’état d’urgence...

avec AFP

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Les élections législatives et provinciales auront lieu le 8 janvier au Pakistan.
Les élections législatives et provinciales auront lieu le 8 janvier au Pakistan. — Banaras Khan AFP
Comme il l’avait annoncé, Pervez Musharraf a fixé mardi la date des législatives au Pakistan au 8 janvier. Le Président a également fait libérer quelque 3.400 personnes arrêtées en vertu de l'état d'urgence. Officiellement pour apaiser la situation, officieusement pour couper l'herbe sous les pieds de l'opposition.

Journalistes chargés par la police

Dans le même temps, les policiers ont violemment chargé des journalistes et militants des Droits de l'homme qui manifestaient contre l'état d'urgence entravant la liberté de la presse mardi à Karachi (sud du pays). Ils ont arrêté plus de 140 personnes.

L'état d'urgence a été décrété le 3 novembre et, malgré les intenses pressions occidentales, le général Musharraf a répété qu'il le maintiendrait face à la recrudescence des attentats et à la progression, dans le nord-ouest, des combattants islamistes proches d'Al Qaida.

Le général Musharraf a pris le pouvoir il y a huit ans par un coup d'Etat et a été confirmé en 2002 aux fonctions de président de la République islamique du Pakistan par un Parlement nouvellement élu. Le 6 octobre, il a été réélu triomphalement par les mêmes assemblées, mais n'a pu être proclamé officiellement chef de l'Etat parce que la Cour suprême devait auparavant se prononcer sur son éligibilité.

Opposition qui peine à se fédérer

Selon l'opposition, c'est parce que la majorité de ses juges lui étaient hostiles que Pervez Musharraf a décrété l'état d'urgence, lequel lui a permis d'évincer les magistrats récalcitrants. Et c'est une Cour recomposée dans un sens plus favorable à ses intérêts qui doit se prononcer jeudi sur sa réélection, une formalité selon les milieux judiciaires.

L'opposition, principalement derrière l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto, mais aussi les Etats-Unis, dont Pervez Musharraf est l'allié-clé depuis 2001 dans leur «guerre contre le terrorisme» estime que des élections «libre, justes et transparentes» ne peuvent en aucun cas s'accommoder de l'état d'urgence. Mais cette opposition, très éclectique et divisée peine à se fédérer, les uns doutant de la sincérité des autres.

Benazir Bhutto, qui négociait depuis des mois un accord de partage du pouvoir avec Pervez Musharraf dans la perspective des législatives, a mis cinq jours pour dénoncer l'état d'urgence et un peu plus pour appeler au départ du «dictateur», un revirement qui a provoqué la suspicion et l'ironie chez les autres dirigeants de l'opposition.

Appel à boycotter les élections

Son rival des années 1990, l'ancien Premier ministre en exil Nawaz Sharif, lui a promis son soutien mardi, à condition qu'elle rompe définitivement avec le général-président et appelle clairement à un boycottage des élections. Le reste de l'opposition, essentiellement une alliance hétéroclite de six partis islamistes se tient étrangement en retrait des débats.