Liban: Ultime report avant le chaos?

ELECTION La présidentielle a de nouveau été reportée à vendredi, dernier jour avant...

De notre correspondant au Liban, David Hury

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La séance du parlement libanais prévue mercredi pour élire un nouveau président de la République devrait être reportée pour la quatrième fois à cause d'un blocage persistant, ont indiqué mardi des sources de la majorité pro-occidentale et de l'opposition pro-syrienne.
La séance du parlement libanais prévue mercredi pour élire un nouveau président de la République devrait être reportée pour la quatrième fois à cause d'un blocage persistant, ont indiqué mardi des sources de la majorité pro-occidentale et de l'opposition pro-syrienne. — Patrice Deré AFP

La rumeur a circulé dès le début d’après-midi, ce mardi, avant d’être confirmée vers 16h30 (heure de Beyrouth): l’élection présidentielle libanaise, prévue demain mercredi, est reportée à vendredi, soit le dernier jour du mandat de l’actuel président libanais, le pro-syrien Emile Lahoud. Les députés libanais auront alors jusqu’à minuit pile, vendredi soir, pour sortir leur pays de la crise politique en vigueur depuis plus d’un an.

Côté majorité, plusieurs candidats sont déclarés, mais de nouvelles figures sont entrées en lice ces dernières heures, comme l’ex-ministre et PDG du quotidien francophone L’Orient-Le Jour, Michel Eddé, un proche du patriarche maronite Nasrallah Sfeir. Un joker possible afin que les deux camps trouvent un accord de dernière minute.

Car pour l’instant, le fossé semble infranchissable entre le général Michel Aoun, allié du Hezbollah, qui se considère comme le seul candidat capable de renouer les liens entre tous les Libanais, et les ténors de la majorité. Parmi ces derniers, Saad Hariri est allé chercher aujourd’hui une solution à Moscou, soutien discret de l’Iran et de la Syrie sur l’échiquier proche-oriental.

Depuis 48 heures, le ballet diplomatique autour de la présidentielle libanaise donne en effet le vertige. Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, ne ménage pas sa peine. Auteur d’une médiation, mercredi dernier, auprès du patriarche Nasrallah Sfeir, il a généreusement rempli son emploi du temps mardi. Selon une source à l’ambassade de France à Beyrouth, il a rencontré – entre autres – le Premier ministre Fouad Siniora et le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, Nabih Berri le président du Parlement, et devrait s’entretenir en fin de journée avec des représentants du Hezbollah.

«Depuis le nouveau blocage de lundi, la situation est très très délicate, ajoute cette source. Bernard Kouchner est décidé à rester jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée.» Dans les coulisses diplomatiques, l’optimisme n’est plus de mise. Car si les Libanais ne s’entendent pas d’ici vendredi, «samedi sera synonyme de chaos».