Plus de quotas laitiers et moins de subventions

AGRICULTRE La Commission européenne a dévoilé mardi ses principales propositions pour moderniser la Politique agricole commune…

Sa. C. avec AFP

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Lait, yaourts, fromages, crèmes, les consommateurs français doivent se préparer à payer encore plus cher les produits laitiers en 2008, dont les prix ont déjà progressé en moyenne de 4% en 2007, prédisent les industriels.
Lait, yaourts, fromages, crèmes, les consommateurs français doivent se préparer à payer encore plus cher les produits laitiers en 2008, dont les prix ont déjà progressé en moyenne de 4% en 2007, prédisent les industriels. — Mychele Daniau AFP/archives

La Commission européenne a dévoilé mardi ses principales propositions pour moderniser la Politique agricole commune (PAC), après la réforme déjà adoptée en 2003. Elle envisage ainsi:
 
La fin des jachères et des quotas laitiers
 
La Commission juge opportun d'abolir la jachère obligatoire, tout en trouvant de nouvelles manières de préserver les avantages environnementaux qu'elle a apportés. Concernant les quotas laitiers, appelés à disparaître en 2015, elle pense qu'il faudrait les augmenter progressivement pour permettre un «atterrissage en douceur du secteur». Dans le même temps des mesures de soutien spécifiques pourraient être prises dans les régions, comme les zones montagneuses, qui dépendent largement de la production laitière.
 
Les aides directes aux agriculteurs sont également dans son viseur. La Commission veut ainsi pousser les pays européens à aller plus loin dans le «découplage» des aides, proportionnelles au niveau des quantités produites (qui représentent encore en moyenne la moitié du revenu des agriculteurs européens). De nombreuses exemptions subsistent depuis la réforme de 2003, dans l'élevage et le secteur céréalier principalement.
 
Moins de subventions

 
Elle propose également d'augmenter la superficie minimale donnant droit au soutien de l'UE, actuellement fixé à 0,3 hectare. Face aux «prix particulièrement élevés» sur le marché, la Commission veut supprimer les mécanismes dits d'intervention (prix garantis de rachat aux agriculteurs) pour «la plupart des céréales» sauf pour le blé tendre.
   
Autre proposition importante: plafonner les aides les plus élevées des grosses exploitations. Elles sont versées surtout au Royaume-Uni à des propriétaires terriens aristocratiques, la famille royale notamment, et en Allemagne à des exploitants disposant de très grandes surface héritées du démantèlement des coopératives agricoles de l'ex-RDA communiste. Les négociations s’annoncent âpres : ces deux pays avaient bloqué en 2002 une première tentative de limiter les subventions à 300.000 euros. Bruxelles suggère cette fois «de réduire progressivement le soutien lorsque le total des aides dépasse par exemple 100.000 euros par an». Une distinction entre les exploitations comptant plusieurs propriétaires et de nombreux travailleurs et celles détenues par un seul agriculteur, employant quelques personnes seulement, est prévue.