Présidentielle américaine 2016: Les quatre clés du duel Trump-Clinton

ELECTION Clinton dispose d’une certaine marge mais plusieurs inconnues pourraient changer la donne…

Philippe Berry

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Hillary Clinton et Donald Trump lors du premier débat télévisé, le 26 septembre 2016.
Hillary Clinton et Donald Trump lors du premier débat télévisé, le 26 septembre 2016. — E.VUCCI/AP/SIPA

Sur le papier, Hillary Clinton semble se diriger vers une victoire assez confortable. Même si l’écart n’est que de 2,9 % avec Donald Trump, selon la moyenne des sondages de Real Clear Politics, la démocrate est en tête dans suffisamment d’Etats pour faire aussi bien que Barack Obama en 2012, selon les projections de la plupart des modèles mathématiques. Mais comme l’a écrit Nate Silver pour le site Five Thirty Eight, il suffit que les sondages se soient plantés dans deux ou trois Etats pour que tout bascule. Voici les quatre points sur lesquels tout va se jouer.

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Pour qui vont voter les 7 % indécis ?

Il y a environ deux fois plus d’indécis qu’il y a quatre ans. Mark, un ouvrier parqueteur de 61 ans, explique à 20 Minutes qu’il n’arrive pas à choisir « entre la peste et le choléra ». Il va sans doute s’abstenir pour la première fois en plus de quarante ans. Kristine, une étudiante de 24 ans, va également rester chez elle car, en Californie, il n’y a pas de suspense (aucun républicain n’a gagné depuis Reagan). Charlie, un ancien militaire de 32 ans, pense, lui, choisir le « ni-ni » et voter pour le conservateur indépendant Evan McMullin. Pour combler son retard, Trump aurait besoin d’un miracle et séduire au moins 75 % des indécis, ce qui semble compliqué.

Quelle sera la participation des jeunes et des minorités ?

C’est l’inquiétude de Clinton. Obama a été porté par le vote des jeunes et des minorités afro-américaine et latino. La démocrate, écrasée par Sanders sur le vote des 18-29 ans, n’a jamais réussi à susciter l’enthousiasme. On a quelques indicateurs : 42 millions ont déjà fait leur choix via le vote anticipé, soit 6 % de plus qu’en 2012. Les chiffres sont cependant à la baisse chez les Afro-Américains mais en hausse du côté des hispaniques, notamment en Floride, dans l’Arizona et le Nevada.

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Les électeurs fantômes de Trump se pointeront-ils ?

Le camp Trump mise sur deux facteurs : les électeurs qui n’ont pas osé dire qu’ils allaient voter pour le candidat républicain dans les enquêtes d’opinion, et les oubliés des sondeurs, qui n’ont pas voté depuis des années. Dans la pratique, les comparatifs entre les sondages Internet (par écrit) et téléphone (de vive voix) n’ont pas montré de différence, ce qui semble indiquer que ses partisans ne se cachent pas. De l’autre côté, avec une participation qui dépasse à peine les 50 %, il y a clairement des réserves de voix. Mais si la mobilisation des désaffectés a surtout lieu dans des Etats conservateurs déjà acquis à Trump, l’impact sur la carte finale sera limité.

Les sondages ont-ils pu se planter complètement ?

Beaucoup de républicains donnent l’exemple du Brexit. Mais en réalité, il y avait moins de 1 % d’écart la veille du vote entre « rester » et « partir ». Là, avec 3 %, on est à l’extrême limite de la marge d’erreur. Surtout, de nombreux modèles, comme celui de l’université de Princeton, sont basés sur la moyenne de dizaines de sondages locaux. Traduction : le risque est réparti, et la probabilité que tous les sondeurs se plantent est très faible. Il y a quand même un bémol : il y a peu de sondages dans certains Etats critiques, comme la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan. Du coup, si Trump l’emportait en Floride et dans l’Ohio, et créait la surprise dans deux autres Etats promis à Clinton, il pourrait l’emporter à la photo finish.