Présidentielle américaine: Chez les millenials, Snapchat a tué la télévision

ETATS-UNIS L'app vidéo a émergé comme un médium hybride mélangeant le divertissement et l'information...

Philippe Berry

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Un filtre Snapchat de l'équipe de campagne de Donald Trump. Lancer le diaporama
Un filtre Snapchat de l'équipe de campagne de Donald Trump. — D.TRUMP

Snapchat killed the TV stars. Beaucoup d’experts prédisaient que le duel entre Donald Trump et Hillary Clinton serait la première « élection Snapchat ». Dans les faits, l’app vidéo est loin d’avoir autant pesé que Facebook et Twitter, avec des candidats septuagénaires qui n’ont pas vraiment su quoi en faire. Mais chez les 18-30 ans, elle a réussi à se faire une place comme un nouveau médium incontournable.

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Pour les candidats, une expérimentation

Hillary Clinton a publié son premier snap le 10 août. Le résultat ? Pas vraiment inspiré. La vieille photo dossier, c’est plutôt classique, et le « Yaaas Hillary » pour faire « jeune », en référence au mème du matou, bien trop forcé.

Depuis, ça s’est nettement amélioré. L’équipe de campagne de Clinton publie régulièrement des stories, résumant en quelques vidéos la journée de la candidate. Elle se concentre plutôt sur les coulisses et le divertissement, avec des apparitions de Katy Perry et Jay-Z ces derniers jours.

Donald Trump, lui, a rejoint Snapchat en février mais il a été beaucoup moins productif. En revanche, il a investi 500.000 dollars pour acheter deux filtres à superposer aux vidéos des utilisateurs lors du premier débat. Selon Politico, ils ont été vus par 25 millions de personnes.

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Le problème, c’est que Snapchat n’a pas beaucoup d’informations sur ses utilisateurs. Zac Moffatt, responsable numérique de la campagne de Mitt Romney, l’explique dans Wired, les candidats préfèrent donc investir dans des publicités sur Facebook, qui sont plus interactives et surtout ciblées au niveau individuel.

Pour les utilisateurs, du fun et de l’information

« Je n’ai pas regardé les débats à la télévision car ils n’ont jamais abordé les sujets de fonds comme l’éducation ou le changement climatique. On a entendu parler que du comportement de Trump et des emails de Clinton », soupire Hassina, une jeune californienne qui travaille dans l’événementiel. En revanche, elle a suivi avec attention les snaps de ses amis, modifiés avec des filtres ludiques.

« Ajouter une tête de renard ou changer la voix des candidats rend leur propos un peu moins insupportable », selon elle. Surtout, elle a regardé les résumés de quelques minutes produits par les journalistes de Snapchat, sous la direction de Peter Hamby, un ancien de CNN. Lors de la primaire républicaine, deux fois plus de 18-24 ans ont vu la Live story de Snapchat que le débat en direct à la télévision, selon Nielsen. La start-up a également organisé une interview d’Obama et proposés des portraits des candidats via son émission « Good luck America ». Et dire qu’à ses débuts, certains réduisaient Snapchat à une app de sexting…