Facebook: La justice allemande ouvre une enquête pour «incitation à la haine»

JUSTICE En cause, le manque de coopération du réseau social contre les commentaires racistes...

20 Minutes avec agences

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Le logo "Facebook" à Berlin, le 24 février 2016
Le logo "Facebook" à Berlin, le 24 février 2016 — TOBIAS SCHWARZ AFP

Critiqué pour son manque de coopération contre les commentaires racistes, Facebook fait désormais l’objet d’une enquête de la justice allemande. Elle a été ouverte suite à une plainte pour « incitation à la haine » déposée par Chan-jo Jun, un avocat allemand basé en Bavière, et visant notamment le patron du réseau social, Mark Zuckerberg.

Cette enquête, à un stade préliminaire, vise à « examiner si un agissement pénalement répréhensible peut être identifié » et si « le droit allemand peut s’appliquer » en pareil cas, a indiqué à l’AFP Florian Weinziel, porte-parole du parquet de Munich, saisi du dossier.

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Une plainte similaire rejetée en mars

« L’ouverture de l’enquête est une importante victoire d’étape car la dernière procédure engagée avait échoué à cette étape », a commenté dans un communiqué Chan-jo Jun, précisant que l’enquête vise à la fois Mark Zuckerberg, mais aussi neuf autres dirigeants de Facebook.

En effet, en mars dernier, le parquet de Hambourg avait rejeté une plainte similaire de l’avocat au motif que les dirigeants du réseau social ne tombaient pas à son avis sous le coup de la législation allemande.

Un engagement des géants du web fin 2015

Depuis, les critiques contre Facebook ont gagné en vigueur en Allemagne. Le gouvernement avait déjà à plusieurs reprises mis en garde Facebook et d’autres réseaux sociaux en leur reprochant de se montrer trop tolérants vis-à-vis des utilisateurs exprimant de positions racistes ou antisémites.

En réaction des géants du web s’étaient engagés en décembre 2015 à examiner et supprimer dans un délai de 24 heures les commentaires haineux qui se répandent en ligne en Allemagne, notamment à la suite de l’afflux de 890.000 migrants cette année-là, particulièrement visés sur les réseaux sociaux. Mais selon les autorités, les efforts de ces sites ne sont pas suffisants.