Irak: Des centaines d'Arabes chassés de Kirkouk par les Kurdes

IRAK Selon Amnesty International, les forces kurdes irakiennes auraient détruit brutalement leurs habitations après l'attaque de Daesh sur la ville...

M.C. avec AFP

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Les forces irakiennes patrouillent à Kirkouk le 25 octobre 2016.
Les forces irakiennes patrouillent à Kirkouk le 25 octobre 2016. — Marwan IBRAHIM / AFP

Amnesty International dénonce un « crime de guerre ». Les forces kurdes irakiennes ont détruit les maisons et chassé des centaines d’Arabes de la ville de Kirkouk (nord), dans d’apparentes représailles à une récente attaque de Daesh, a déploré Amnesty International lundi.

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Sur la défensive à Mossoul, située à 170 kilomètres de là, les djihadistes avaient lancé le 21 octobre une attaque contre Kirkouk pour tenter de faire diversion, dans laquelle 74 djihadistes et 46 personnes avaient été tués. L’ONG affirme que, à l’issue de cette attaque de plusieurs jours, les autorités de la ville - contrôlée par les Kurdes -, ont détruit brutalement les habitations de plusieurs centaines d’Arabes irakiens, leur ordonnant de quitter la ville.

« Illégal et cruel »

Un père de 10 enfants a ainsi raconté à Amnesty comment des militaires étaient venus dans son quartier pour dire aux résidents de partir d’ici le matin. A l’aube du 25 octobre, quelques jours après l’attaque de Daesh, « les habitants ont été évacués de force et des bulldozers ont démoli » les centaines de maisons du quartier dont la sienne.

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Parmi ces habitants chassés de force de Kirkouk et de villages des alentours figurent quelque 250 familles qui avaient déjà dû fuir leur ville d’origine à cause de violences, selon Amnesty qui a relevé des cas de confiscation de cartes d’identité. « Expulser et déplacer de force des résidents sunnites arabes de Kirkouk est illégal et cruel », a dénoncé l’ONG en demandant aux autorités kurdes de mettre fin « immédiatement » à ces pratiques.

Les Kurdes irakiens accusés de renvoyer des déplacés vers les zones qu’ils ont fui

« De telles destructions, non justifiées par une nécessité militaire, constituent un crime de guerre. Ordonner le déplacement de populations civiles - à moins que ce ne soit pour leur propre sécurité ou que cela soit justifié par une nécessité militaire - constitue également un crime de guerre », écrit Amnesty.

En janvier, Amnesty International avait déjà accusé les forces kurdes d’avoir détruit des milliers de maisons dans le nord de l’Irak dans une tentative apparente de déplacer les populations arabes. L’ONG a aussi accusé les Kurdes irakiens de renvoyer de force des déplacés vers les zones qu’ils ont fui même si la sécurité n’y a pas été rétablie.