VIDEO. USA 2016: Trump en cliché américain, et Clinton plutôt élitiste (voici leurs portraits chinois)

ETATS-UNIS Le panel #MoiJeune de 20 Minutes a dressé les portraits chinois des deux favoris à la Maison blanche…

O. P.-V.

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Clinton la chatte marathonienne contre Trump le lama boxeur.
Clinton la chatte marathonienne contre Trump le lama boxeur. — Audrey Hess/20 Minutes

Ce n’est pas une surprise, les personnalités de Donald Trump et Hillary Clinton, les deux candidats favoris du scrutin présidentiel américain qui se déroule mardi, sont aux antipodes. L’énergie opposée au calme, pour schématiser. Mais si l’on regarde d’un peu plus près la manière dont ils sont perçus par les jeunes adultes en France, grâce au panel #MoiJeune de 20 Minutes*, d’autres traits de caractère émergent, et expliquent l’opinion portée par la génération 18-30 ans dans l’Hexagone sur le Républicain et la Démocrate.

Les portraits chinois dressés par les réponses des participants au dispositif montrent une différence de taille entre Clinton et Trump : la première est perçue comme plutôt élitiste et combative, le second comme le stéréotype de l’Américain vu d’Europe.

Clinton en chatte marathonienne, Trump en lama boxeur

Si Clinton était un animal ? Elle serait un chat (41 % du total des réponses), synonyme d’indépendance. Un sport ? Le marathon (40 %) ou éventuellement le golf (37 %). Un plat ? Le homard à l’armoricaine, « chic et raffiné » (39 %) ou éventuellement un plat de jambon-pâtes, « traditionnel et familial » (37 %). Et enfin quel personnage de série correspond le plus à Clinton ? Meredith Grey, protagoniste de Grey’s Anatomy. Les réponses principales sont parfois contradictoires, illustrant l’image ambiguë d’Hillary Clinton.

Le portrait de Donald Trump est au contraire sans nuances. 54 % des sondés, s’ils devaient imaginer le milliardaire en animal, visualiseraient un lama, « régulièrement provocateur ». S’il était un sport, il serait la boxe (49 %) ; un plat, le « gras et calorique » Big Mac (64 %) ; et surtout, pour 73 % des personnes interrogées, le pas très fin Homer Simpson représenterait le mieux le milliardaire.

Bref, Donald Trump évoque pour les jeunes Français sondés par 20 Minutes un condensé de certains clichés sur les Etats-Unis. « Il fait tout pour être caricaturé, cela ne le dérange pas. Trump souhaite être au plus près de l’Américain moyen, voire de l’électeur peu éduqué. Il cultive le stéréotype de l’Amérique profonde, pour gommer l’autre stéréotype qui lui colle, celui du milliardaire qui joue au golf », décrit l’historien François Durpaire, spécialiste des Etats-Unis et co-auteur du Petit Trump illustré par l’exemple (éd. Nouveau Monde).

« J’espère qu’on n’aura pas un choix aussi médiocre ici en 2017 »

Enfin, s’ils étaient une chanson, Hillary la coureuse de fond serait I will survive de Gloria Gaynor, et Donald le Yankee serait… Born in the USA de Bruce Springsteen, morceau qu’avait tenté de s’approprier un certain Ronald Reagan pour sa campagne en 1984.

Run the world (Girls) de Beyoncé a aussi été beaucoup citée en ce qui concerne Clinton, alors que Highway to hell et La danse des canards sont revenus plusieurs fois pour décrire le phénomène Trump, signe d’un parti-pris écrasant des sondés : 83 % ont indiqué que s’ils pouvaient voter, leur voix irait à la candidate démocrate. Le milliardaire n’a la faveur que de 11 % d’entre eux (6 % ne se prononcent pas). L’ex-première dame a un profil plus semblable aux gouvernants que la France a connu, « elle apparaît comme plus proche de l’Europe », ajoute François Durpaire, selon qui cela explique la préférence française pour sa candidature.

Ce score ne fait pas pour autant d’Hillary Clinton une personnalité politique populaire parmi les Français âgés de 18 à 30 ans. Parmi les nombreuses remarques complémentaires au sondage, beaucoup avancent une décision prise par défaut : « Déprimant… Un système qui engendre des clones (Hillary) et des monstres (Trump) », « j’espère qu’on n’aura pas un choix aussi médiocre ici en 2017 », « dommage que les candidats ''indépendants'' ne soient pas plus médiatisés, ça aurait évité de choisir entre l’idiot et la démagogue », ont écrit, entre autres, les participants du panel 20 Minutes.

*Etude OpinionWay pour 20 Minutes réalisée en ligne du 2 au 4 novembre 2016 auprès d’un échantillon représentatif de 803 jeunes âgés de 18 à 30 ans (méthode des quotas).

Si vous avez entre 18 et 30 ans, vous pouvez participer au projet « #MOIJEUNE », une série d’enquêtes lancée par 20 Minutes et construite avec et pour les jeunes. Toutes les infos pour vous inscrire en ligne ici.