Bataille de Mossoul: Les forces irakiennes face à la résistance acharnée des djihadistes

IRAK Daesh craint de perdre son dernier grand bastion dans le pays...

M.C. avec AFP
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Un char des forces  d'élite irakiennes du contre-terrorisme près de Mossoul, le 4 novembre 2016.
Un char des forces d'élite irakiennes du contre-terrorisme près de Mossoul, le 4 novembre 2016. — Andrea BERNARDI / AFP

La bataille se fait « maison par maison », explique Sabah al-Nomane, porte-parole des forces d’élite irakiennes du contre-terrorisme (CTS). Les forces gouvernementales engagées dans des opérations dans l’est de Mossoul et au sud de la ville rencontrent une résistance acharnée des djihadistes de Daesh dans leur dernier grand bastion en Irak.

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Les forces spéciales irakiennes sont de nouveau intervenues samedi dans l’est de la deuxième ville du pays, au lendemain d’une première tentative contrée par les djihadistes. Sur un autre front au sud de Mossoul, l’armée et la police fédérale ont lancé un assaut sur l’une des dernières localités d’importance encore aux mains de Daesh.

« Nous n’attendions pas une telle résistance »

Le déplacement massif de plus d’un million de civils pris au piège dans Mossoul, redouté par les organisations humanitaires, n’a pas encore eu lieu, mais le nombre des personnes déplacées par les combats ne cesse de grimper depuis le début, le 17 octobre, de l’offensive des forces irakiennes.

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A Bartalla, une localité située à l’est de Mossoul et que les forces irakiennes utilisent comme base arrière, des ambulances font régulièrement des allers-retours pour évacuer des blessés du front. Vendredi, des unités du CTS avaient tenté une incursion dans l’est de Mossoul mais avaient été repoussées par des tirs ininterrompus des djihadistes, qui avaient installé des barrières et des bombes dans les rues.

« Nous n’attendions pas une telle résistance. Ils avaient bloqué toutes les rues », a expliqué un officier du CTS sous couvert de l’anonymat. « Les djihadistes sont très nombreux. Il était préférable de se replier et d’élaborer un nouveau plan », a-t-il dit.

L’offensive pourrait durer des semaines ou des mois

Cette résistance féroce qui a ralenti l’avancée de ces forces d’élite semble contredire des informations selon lesquelles Daesh aurait déplacé une grande partie de ses combattants vers l’ouest de la ville, de l’autre côté du fleuve Tigre.

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Au cours des mois précédents, le groupe djihadiste, lorsqu’il se trouvait en présence de forces supérieures en nombre et en armement, avait parfois abandonné certains de ses bastions sans presque combattre.

Mais jeudi, le chef de Daesh Abou Bakr al-Baghdadi avait exhorté dans un message audio ses troupes - quelque 3.000 à 5.000 djihadistes à Mossoul selon des estimations américaines - à lutter jusqu’au martyre pour défendre la ville d’où il avait proclamé en juin 2014 l’instauration d’un « califat ». Des responsables américains et d’autres nationalités ont averti que l’offensive pourrait durer des semaines, voire des mois.