VIDEO. Trump vs Clinton: Les 20 moments «malaise» de la présidentielle américaine

ETATS-UNIS Polémiques, scandales, attaques personnelles… Le duel Trump-Clinton a été a été désespérant...

Philippe Berry

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Donald Trump lors du troisième et dernier débat face à Hillary Clinton, le 19 octobre 2016.
Donald Trump lors du troisième et dernier débat face à Hillary Clinton, le 19 octobre 2016. — J.CORTEZ/AP/SIPA

Jamais deux candidats n’avaient été autant détestés par l’opinion. Du coup, l’affrontement entre Donald Trump et Hillary Clinton a donné lieu à un référendum sur leur personnalité, avec des attaques en dessous de la ceinture et une absence désespérante de fond. Retour sur 18 mois de nivellement par le bas.

16 juin 2015. Donald Trump et les Mexicains « violeurs »

Quand il descend par l’escalator de sa Trump Tower, à Manhattan, pour annoncer sa candidature, personne ne le prend vraiment au sérieux. Mais Donald Trump capture l’attention des médias du monde entier, en lançant, à propos de l’immigration illégale : « Quand le Mexique envoie ses citoyens, il n’envoie pas ses meilleurs. Ils amènent leurs problèmes. Ils amènent la drogue. Ils amènent le crime. Ce sont des violeurs. Et certains, j’en suis sûr, sont des gens bien. » L’indignation est anonyme. Trump bondit dans les sondages.

8 septembre 2015. Clinton sur ses emails : « C’était une erreur, j’en suis désolé »

Empêtrée tout l’été dans une polémique pour avoir utilisé un serveur d’email privé quand elle était secrétaire d’Etat, Hillary Clinton finit par s’excuser. « C’était une erreur, j’en suis désolée, j’en assume la responsabilité. »

22 octobre 2015. Clinton face à la commission d’enquête sur Benghazi pendant 11 heures

Sur le gril pendant plus de 11 heures d’affilée face à la commission du Congrès sur l’attaque contre le consulat américain de Benghazi, Clinton ne transpire pas une seule goutte, parant une à une les attaques du républicain Ted Gowdy. Accusée de ne pas avoir fait preuve de suffisamment de compassion avec les familles des victimes, elle riposte : « Ça m’a tenue éveillée plus de nuits que vous tous réunis ! »

3 mars 2016. Trump, ses petites mains et son gros paquet

Moment surréaliste lors d’un débat de la primaire républicaine. Moqué sur Twitter pour ses petites mains par Marco Rubio, Trump répond : « Regardez ces mains, sont-elles petites ? Et il a dit à propos de mes mains, ''Si elles sont petites, quelque chose d’autre doit l’être'', et bien je vous garantis qu’il n’y a pas de problème. »

9 mars 2016. Un manifestant noir agressé à un meeting de Trump

Rakeem Jones a reçu un violent coup de coude à la tête. Son agresseur, John McGraw, retourne tranquillement s’asseoir sans que les gardes n’interviennent. Il sera arrêté le lendemain. Alors que les incidents se multiplient, Trump jette de l’huile sur l’incendie en lançant : « Si vous en voyez un qui s’apprête à jeter une tomate, rentrez-lui dedans, je paierai les frais d’avocat. » Une enquête pour « incitation à la violence » est considérée mais finalement la police classe l’affaire.

28 mai 2016. Trump contre le juge « mexicain »

Suite à une décision défavorable dans l’un des procès sur Trump University, le candidat s’en prend au juge américain Gonzalo Curiel, qui est « semble-t-il, mexicain », estimant qu’il ne peut pas être objectif car « nous voulons construire un mur à la frontière ». « Il n’y a pas de place pour ce racisme au sein du parti républicain », tacle Jeb Bush.

18 juillet 2016. Le plagiat de Melania Trump

Le grand soir de Melania Trump à la convention républicaine commence plutôt bien. Jusqu’à ce que Twitter se rende compte qu’elle a plagié deux paragraphes complets du discours de Michelle Obama de 2008. Après 24 heures dans le déni, la campagne de Trump reconnaît qu’il y a eu un problème avec un consultant.

19 juillet 2016. Les délégués républicains chantent « LOCK HER UP »

L’ancien candidat Chris Christie fait le procès d’Hillary Clinton à la convention. « Pour toutes ses décisions catastrophiques sur la Libye, est-elle innocente ou coupable ? » « COUPABLE », répondent les 2.472 délégués. Avant de scander, prêts à allumer le bûcher : « Lock her up, Locker her up » (« Jetez-la en prison).

20 juillet 2016 : Ted Cruz poignarde Donald Trump en prime time

A la convention, Ted Cruz félicite d’abord Donald Trump pour sa victoire. Puis, tel Frank Underwood dans la série House of Cards, il ménage le suspense avec un discours montant crescendo. Jusqu’au climax : « A vous qui écoutez. S’il vous plaît, ne restez pas chez vous en novembre. » Longue pause. La salle applaudit et s’attend à l’appel à voter Trump. « Si vous aimez votre pays, levez-vous et exprimez-vous et votez… en votre conscience. » Il quitte la scène sous les huées, le sourire aux lèvres, en grand seigneur.

2 août 2016. Donald Trump contre la famille Khan

Attaqué à la convention démocrate par le père et le père du soldat Humayun Khan, tombé au champ d’honneur pendant la guerre d’Irak, Donald Trump riposte à la télévision : « Sa femme se tenait à ses côtés, elle n’avait rien à dire, peut-être qu’elle n’avait pas le droit de parler » « Trump a critiqué mon silence. Il ne sait pas ce qu’est un véritable sacrifice », répond Ghazala Khan dans un édito. Le républicain chute dans les sondages.

8 septembre 2016. « C’est quoi, Alep ? », demande Gary Johnson

Le candidat libertarien, qui flirtait avec les 10 % d’intentions de vote, affiche son ignorance abyssale. « C’est quoi, Alep ? », répond-il à un journaliste qui lui demande ce qu’il compte faire face au drame humanitaire de la ville syrienne. Twitter répond avec le hashtag #thisisaleppo.

10 septembre 2016. Clinton et le « panier des pitoyables »

Clinton met les pieds dans le plat devant ses supporteurs : « En gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. » Face à cette généralisation, l’alt-right riposte avec des mèmes de Pepe la grenouille et des Expendables.

11 septembre 2016. Clinton s’écroule, victime d’une pneumonie

Après s’être écroulée lors d’une cérémonie d’hommage au 11-septembre, Hillary Clinton garde le silence pendant dix heures. Après avoir parlé d’un « coup de chaud », son équipe annonce qu’elle souffre d’une pneumonie diagnostiquée deux jours plus tôt. La blogosphère ressort les rumeurs sur son état de santé et Trump l’accuse de ne pas avoir « l’endurance nécessaire » pour devenir présidente.

26 septembre 2016. Avoir évité de payer des impôts, c’est « intelligent », selon Trump

Lors du premier débat, Clinton attaque son adversaire, qui refuse de publier sa déclaration d’impôts. « Peut-être qu’il n’est pas aussi riche qu’il ne le dit, ou qu’il ne veut pas que vous sachiez qu’il n’a presque pas payé d’impôts », spécule la démocrate. Trump n’arrive pas à se retenir : « That makes me smart » (« Cela fait de moi quelqu’un d’intelligent »).

30 septembre. Trump contre la « dégoûtante » ex-miss Univers

Alicia Machado accuse Donald Trump de l’avoir surnommée « Miss Piggy » car elle avait pris du poids après son sacre de Miss Univers. Le candidat riposte sur Twitter en pleine nuit, à 3h du matin, en relayant une rumeur sur une sex-tape imaginaire de la « dégoûtante » Alicia M.

7 octobre 2016. « Vous pouvez les attraper par la chatte »

Un vieil enregistrement de Trump refait surface. Dans les coulisses de l’émission Access Hollywood, en 2005, il parle des femmes et explique au présentateur, visiblement fier de lui : « Quand vous êtes une star, vous pouvez tout faire [même] les attraper par la chatte ». 50 élus républicains lui retirent leur soutien. Mitt Romney estime que les propos de Trump font « l’apologie des agressions sexuelles ». Dans la foulée, douze femmes accusent le candidat de d’attouchements ou de harcèlement. Trump nie catégoriquement et dénonce « des mensonges ».

14 octobre 2016. Trump affirme que l’élection est « truquée »

Dans la dernière ligne droite, alors que les sondages le donnent perdant, le républicain adopte une nouvelle stratégie. Il affirme que l’élection est « truquée », dénonce des « fraudes » sans apporter de preuve et s’en prend « à la corruption d’Hillary Clinton et des médias. »

19 octobre 2016. Clinton, « such a nasty woman »

Lors du dernier débat, la démocrate taquine son adversaire sur ses impôts. Le républicain hoche la tête et s’exclame : « Such a nasty woman » (« Quelle femme détestable »). Les mèmes et les produits dérivés fleurissent aussitôt.

19 octobre 2016. Trump refuse de promettre d’accepter le verdict des urnes

A la fin du débat, il refuse de s’engager à reconnaître le résultat de la présidentielle. « Je verrai le moment venu. Je vous laisse dans le suspense ».

28 octobre 2016. Le FBI rouvre l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton

Coup de tonnerre sur la campagne. Le FBI se penche à nouveau sur les emails d’Hillary Clinton, après la découverte de nouveau courriels sur l’ordinateur du mari de sa conseillère Huma Abedin – qui pourraient être de simples doublons. Le FBI, qui s’abstient en général de ce genre de révélations vagues à 11 jours d’un scrutin, est accusé de vouloir peser sur l’élection. Donald Trump, qui était distancé dans les sondages, recolle. On se demande encore comment.