Turquie: L'Allemagne, «un pays qui accueille des terroristes», selon le président Erdogan

MONDE Le président turc a affirmé jeudi que les autorités du pays avaient transmis à Berlin plus de 4.000 dossiers de demande d’extradition suite au coup d’Etat manqué de juillet, sans obtenir de réponse favorable…

20 Minutes avec agences

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Recep Tayyip Erdogan
Recep Tayyip Erdogan — Kayhan Ozer/AP/SIPA

« Vous allez rester dans l’histoire comme un pays qui accueille des terroristes. » Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, n’a pas mâché ses mots jeudi contre l’Allemagne, affirmant que Berlin refusait d’extrader des putschistes présumés que réclame Ankara depuis le coup d’Etat manqué de juillet.

Le président a affirmé que les autorités turques avaient transmis à Berlin plus de 4.000 dossiers de demande d’extradition, sans obtenir de réponse favorable. Ankara accuse notamment un prédicateur musulman exilé aux Etats-Unis, Fethullah Gülen, d’avoir fomenté la tentative de coup d’Etat, ce que l’intéressé dément catégoriquement.

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Des proches du réseau de Fethullah Gülen réfugiés en Allemagne ?

Fethullah Gülen dirige un réseau d’écoles, d’ONG et d’entreprises baptisé « Hizmet » mais les autorités turques y voient une organisation terroriste qu’elles ont nommée FETÖ, pour « Organisation terroriste des partisans de Fethullah ».

Si Recep Tayyip Erdogan n’a pas précisé qui était concerné par les demandes d’extradition, nombre de proches du réseau de Fethullah Gülen auraient trouvé refuge en Allemagne, selon les médias turcs.

Berlin assure « ne pas pouvoir suivre du tout ces propos d’Erdogan »

« L’Allemagne est en train de devenir l’arrière-cour de FETÖ, cela nous préoccupe », a déclaré le président turc, accusant Berlin de « prendre sous son aile » les membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et du Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), deux organisations classées « terroristes » par Ankara.

Du côté de Berlin, le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a assuré « ne pas pouvoir suivre du tout ces propos d’Erdogan », selon l’agence allemande Dpa.

De vastes purges dans l’armée, l’éducation et les médias

Le chef de la diplomatie allemande a assuré que l’Allemagne souhaitait des « relations étroites et constructives » avec Ankara mais qu’elle ne mâcherait pas ses mots concernant les violations de la liberté d’expression et de la presse.

Après la tentative de coup d’Etat, les autorités turques ont en effet lancé de vastes purges dans l’armée, l’éducation et les médias, notamment, dont l’ampleur a suscité l’inquiétude en Occident.

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