Amnesty dénonce des cas de torture de migrants par des policiers italiens, la police dément

VIOLENCES Des témoignages font notamment état de coups portés à l'aide de matraques éléctriques...

20 Minutes avec AFP

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Des réfugiés sur un bateau en Italie. Credit:Michele Amoruso / IPA/SIPA
Des réfugiés sur un bateau en Italie. Credit:Michele Amoruso / IPA/SIPA — SIPA

Une violation des droits de l’homme à l’encontre de ceux qui ont déjà tellement souffert en quittant leur pays. Des policiers italiens ont eu recours à des pratiques « assimilables à de la torture » pour obtenir les empreintes digitales de migrants, affirme jeudi  Amnesty International, ce que nie en bloc la police italienne.

L’ONG rend l’Union Européenne en partie responsable de cette situation. « Les pressions de l’Union européenne sur l’Italie, pour qu’elle se montre « dure » envers les migrants et les réfugiés, ont conduit à des expulsions illégales et à de mauvais traitements qui, dans certains cas, sont assimilables à de la torture », écrit l’organisation de défense des droits de l’homme dans un rapport. La politique des « hotspots », centres d’enregistrement décidés par l’UE pour faciliter l’identification des migrants à leur arrivée sur le sol européen, a poussé l’Italie à agir au-delà de la légalité et conduit à des « abus choquants » de la part de certains policiers, explique Matteo de Bellis, coordinateur de ce rapport.

Des violences sur les parties génitales

Sur les 24 témoignages recueillis par Amnesty sur un total de 170 entretiens, quinze font état de coups donnés, y compris avec des matraques électriques, comme l’a raconté un Soudanais de 16 ans.

« Ils ont utilisé une matraque électrique plusieurs fois sur ma jambe gauche, puis sur la droite, ma poitrine, mon ventre. J’étais trop faible pour résister, à ce moment-là, ils ont pris mes deux mains » pour obtenir des empreintes digitales, a-t-il affirmé aux enquêteurs d’Amnesty.

Deux autres témoignages font état de violences sur les parties génitales. Un jeune homme de 27 ans affirme ainsi avoir été contraint de s’asseoir sur une sorte de chaise percée en aluminium avant que la police n’utilise des pinces sur ses testicules, selon ce rapport.

Des allégations niées par la police italienne

Au regard de ces témoignages, Amnesty juge indispensable qu’une enquête indépendante soit diligentée, même si « le comportement de la plupart des policiers reste professionnel et que la grande majorité des prises d’empreintes digitales a lieu sans incident ».

Les victimes de ces violences policières n’ont pas voulu porter plainte, a précisé Matteo de Bellis, interrogé par l’AFP, mais Amnesty International a porté ces faits à la connaissance du ministère italien de l’Intérieur dans une lettre qui n’a pas encore obtenu de réponse, a-t-il ajouté.

La police italienne a « catégoriquement » démenti ce jeudi les accusations d’Amnesty International.

« Je démens catégoriquement que soient utilisées des méthodes violentes à l’encontre de migrants, que ce soit à l’occasion de leur identification ou de leur rapatriement », a affirmé dans un communiqué le chef de la police italienne, Franco Gabrielli.