VIDEO. Clinton vs Trump: Au fait, comment ça marche la présidentielle américaine?

ELECTION Les Etats-Unis fonctionnent avec un scrutin indirect complexe...

Philippe Berry

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Le fauteuil de Barack Obama à la Maison Blanche.
Le fauteuil de Barack Obama à la Maison Blanche. — P.SOUZA/WHITE HOUSE

Qui pour succéder à Barack Obama ? Alors que la victoire d’Hillary Clinton semblait presque assurée, la nouvelle enquête du FBI sur ses e-mails semble avoir relancé Donald Trump, revenu à 2,5 points de sa rivale, selon la moyenne des sondages de Real Clear Politics publiée le 1er novembre à une semaine du scrutin. Quel que soit le vainqueur, la route pour parvenir jusqu’à la Maison Blanche est longue et tortueuse.

Un suffrage indirect complexe

Celui qui obtient la majorité absolue du vote populaire ne devient pas forcément le président. Al Gore en sait quelque chose. Les pères fondateurs, qui ne faisaient pas vraiment confiance à la populace, ont en effet choisi un système de suffrage indirect basé sur un collège électoral de grands électeurs.

270, le chiffre magique

Il y a 538 grands électeurs : le chiffre 270 représente donc la majorité absolue. Le nombre de grands électeurs alloué à chaque Etat est calculé en additionnant leur nombre d’élus au Congrès. Les plus peuplés pèsent donc le plus lourd, notamment la Californie (55 voix), le Texas (32), New York et la Floride (29 chacun). Mais en cas d’élection serrée, même un coin paumé comme le Dakota du Nord et ses trois voix peut faire pencher la balance.

Qui sont les grands électeurs ?

Avant l’élection, les délégations régionales de chaque parti soumettent une liste. Les grands électeurs sont en général des cadres du parti et des élus locaux. Dans certains Etats, leur nom est affiché sur le bulletin de vote mais souvent il n’y a que celui du candidat officiel.

Sont-ils obligés de suivre le verdict des urnes ?

Ça dépend des Etats. Environ la moitié doivent suivre le choix du peuple. En revanche, les autres ne sont pas obligés de voter pour le candidat arrivé en tête. Dans la pratique, c’est rare mais cela arrive : cette année, Robert Satiacum Jr, d’une tribu amérindienne de l’Etat de Washington, menace de ne pas donner son vote à Hillary Clinton qui est, selon lui, « un clone » de Donald Trump.

C’est quoi un « swing state » ?

Un Etat qui « balance » régulièrement d’un camp à l’autre et peut pencher de n’importe quel côté. Cette année, tout va se jouer dans huit Etats : Ohio, Floride, Caroline du Nord, Nevada, Iowa, Arizona, Géorgie et Colorado. Trump doit plus ou moins réaliser un sans-faute, ce qui semble compliqué, notamment dans le Colorado et la Caroline du Nord où Clinton compte 3 et 4 % d’avance.

Que se passe-t-il si personne n’atteint la majorité ?

C’est le bazar. La Chambre nouvellement élue vote pour désigner le président. Cette année, le conservateur indépendant Evan McMullin pourrait s’imposer en Utah, et Clinton et Trump terminer à 266 chacun. Si les républicains conservent le contrôle de la Chambre et se rebellent contre Trump, ils pourraient donc choisir cet illustre inconnu. C’est peu probable, certes, mais pas impossible.

Quels sont les enjeux des autres scrutins de ce 8 novembre ?

Sénat, Chambre des représentants, gouverneurs, juges, directeurs d’académie référendum locaux… Le 8 novembre, les Américains ne votent pas que pour le président. Selon les calculs du New York Times, les démocrates ont 60 % de chances de reconquérir le Sénat. En revanche, la probabilité qu’ils atteignent la majorité à la Chambre n’est que de 10 %. Du côté des référendums, cinq Etats se prononceront sur la légalisation du cannabis à usage récréatif, dont la Californie. Une initiative pour abolir la peine de mort est également au programme. Tous les résultats seront à suivre en direct dans la nuit de mardi à mercredi.