Pays-Bas: Le député Geert Wilders refuse de se rendre à son procès pour incitation à la haine

JUSTICE « C’est mon droit et mon devoir en tant qu’homme politique de parler des problèmes de notre pays », s’est justifié l’élu d’extrême droite…

20 Minutes avec AFP

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Le leader du parti néerlandais europhobe Geert Wilders le 20 mai à Bruxelles.
Le leader du parti néerlandais europhobe Geert Wilders le 20 mai à Bruxelles. — Yves Logghe/AP/SIPA

Pour lui, c’est «un procès politique». Jugé dès ce lundi pour discrimination et incitation à la haine, le député controversé néerlandais Geert Wilders a annoncé qu’il ne se présenterait pas à son audience, brandissant pour étendard la liberté d’expression à l’approche des élections législatives.

L’affaire porte sur des propos tenus lors d’une soirée après les élections municipales de mars 2014 à La Haye. L’homme à la chevelure peroxydée avait alors demandé à ses militants s’ils voulaient « plus ou moins de Marocains dans (leur) ville et aux Pays-Bas ». Face à une foule scandant « Moins ! Moins ! Moins ! », il a répondu dans un sourire : « nous allons nous en charger. »

Une « parodie de justice »

Devant ce qu’il qualifie de « parodie de justice » destinée à le réduire au silence, le politicien controversé refuse donc de comparaître, alors que les prochaines élections sont prévues en mars. D’après les sondages, son Parti pour la Liberté (PVV) est au coude-à-coude avec les libéraux (VVD) du Premier ministre Mark Rutte.

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« C’est mon droit et mon devoir en tant qu’homme politique de parler des problèmes de notre pays », a affirmé le député d’extrême droite qui divise dans un pays se targuant pourtant de tolérance multiculturelle. Ses propos de 2014 avaient provoqué le dépôt de plus de 6.400 plaintes par des citoyens et organisations.

Il s’agit d’un second procès pour Geert Wilders. Acquitté de poursuites similaires en 2011, il avait alors comparu à l’ensemble des audiences. L’homme de 53 ans avait affirmé lors d’audiences préliminaires n’avoir « aucun regret » après avoir dit ce que « des millions de citoyens néerlandais pensent ».

Une popularité renforcée en cas d’acquittement

S’il est jugé coupable, l’homme politique le mieux protégé des Pays-Bas pourrait écoper d’une peine maximale de deux ans d’emprisonnement ou d’une amende de plus de 20.000 euros. Toutefois, une amende plus légère ou une peine de travail d’intérêt général seraient plus probables en cas d’éventuelle première condamnation, a remarqué Rolf Hoving, expert en droit pénal à l’Université de Groningue.

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« S’il est acquitté, comme la première fois, cela renforcera certainement sa popularité, mais s’il est jugé coupable, cela découragera les gens de voter pour lui », analyse Meindert Fennema, auteur de la biographie de Geert Wilders.