Emails de Clinton: Le FBI relance l'enquête (et potentiellement les chances de Donald Trump)

ETATS-UNIS Le bureau fédéral d'investigation examine de nouveaux emails découverts lors d'une autre enquête...

P.B. avec AFP

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Hillary Clinton dans l'Iowa, le 28 octobre 2016.
Hillary Clinton dans l'Iowa, le 28 octobre 2016. — Andrew Harnik/AP/SIPA

A 11 jours du scrutin, le FBI a lâché une bombe sur cette campagne, vendredi. Son directeur, James Comey, a annoncé que de nouveaux emails avaient été découverts et devaient être examinés par les enquêteurs fédéraux pour déterminer s’ils contiennent des informations confidentielles qu’Hillary Clinton aurait divulguées. Donald Trump s’est évidemment emparé de l’affaire, réclamant que « justice soit rendue ». Clinton, elle, demande au FBI de publier davantage d’informations.

Pour l’instant, le FBI reste très vague et n’aura sans doute pas terminé son analyse avant l’élection du 8 novembre. On sait seulement que les emails sont « pertinents » mais que le FBI n’a pas encore examiné leur contenu.

Revoilà Anthony Weiner

C’est sans doute l’élément le plus surprenant de l’affaire. Elle fait ressurgir le fantôme d’Anthony Weiner, cet élu démocrate qui avait torpillé sa carrière en publiant des photos de son sexe sur Twitter en flirtant avec une internaute alors que sa femme, Huma Abedin, était enceinte de leur enfant. Or, Abedin est la conseillère la plus proche d’Hillary Clinton. Elle a annoncé qu’elle se séparait de son mari le 30 août dernier.

Dans la foulée, le FBI a ouvert une enquête contre Weiner, accusé d’avoir échangé des textos avec une mineure âgée de 15 ans. C’est dans ce cadre que son PC portable a été analysé. Or, selon NBC, Huma Abedin utilisait parfois l’ordinateur de son mari. Selon le LA Times, les messages ne seraient toutefois pas de, ou à, Clinton. Le FBI a simplement préféré jouer la prudence et dévoiler l'information pour ne pas accusé de l'avoir passée sous silence.

Trump relancé

« Je suis certaine, quels qu’ils soient, qu’ils ne changeront pas la conclusion de juillet », a déclaré Hillary Clinton en fin de journée lors d’un court point presse à Des Moines, dans l’Iowa. L’ancienne secrétaire d’Etat a reproché au directeur Comey d’en avoir dit trop peu dans sa lettre. « Nous sommes à 11 jours de ce qui est peut-être l’élection nationale la plus importante de notre vie. Le vote a déjà commencé dans le pays. Les Américains méritent donc d’obtenir tous les faits immédiatement », a-t-elle fait valoir.

Donald Trump, lui, se frotte les mains. Distancé de plus de 6 % dans les sondages, il pourrait rebondir et revenir à distance de tir de la démocrate. Même si elle remportait l’élection, Clinton ne serait pas tirée d’affaire : le FBI pourrait toujours recommander des poursuites judiciaires après coup, si ses conclusions changeaient. Bref, les prochaines semaines – et les prochains mois – promettent d’être agités.