Royaume-Uni: Les chauffeurs Uber considérés comme des salariés

TRANSPORT Alors que la plateforme assure que ses chauffeurs sont des indépendants, la justice britannique assure qu'ils ont droit à des congés, ce qui faire un précédent pour la France...

20 Minutes avec AFP
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Un homme exhibant le logo de Uber sur un tee-shirt durant une manifestation de chauffeurs de VTC à Paris le 9 février 2016
Un homme exhibant le logo de Uber sur un tee-shirt durant une manifestation de chauffeurs de VTC à Paris le 9 février 2016 — Geoffroy Van der Hasselt AFP

Même les chauffeurs d’Uber ont droit à des vacances… C’est en tout cas dans ce sens que la justice britannique a tranché vendredi. Alors qu’Uber estime que ses conducteurs comme des travailleurs indépendants, la législation leur a octroyé le statut de salariés.

Deux chauffeurs gagnent leur combat

Une décision qui fait suite à une action de deux chauffeurs de véhicules Uber contre la plateforme de transports, l’accusant de ne pas respecter le droit du travail.

Les plaignants réclamaient de pouvoir bénéficier de vacances, d’indemnités en cas de congés maladie et du salaire minimum garantis par le droit du travail britannique. « Le tribunal a estimé que les chauffeurs Uber étaient des salariés aux yeux de la législation et qu’ils avaient donc droit aux congés payés et au salaire minimum », a réagi Nigel Mackay du cabinet d’avocats Leigh Day.

Un espoir pour les 30.000 chauffeurs ?

Selon le syndicat GMB, qui a soutenu leur plainte, ce jugement d’un tribunal londonien représente « une victoire monumentale » qui pourrait avoir des conséquences « majeures » pour plus de 30.000 chauffeurs en Angleterre et au Pays de Galles.

« Les chauffeurs d’Uber travaillent souvent de très longues heures juste pour subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. C’est ce travail qui a permis à Uber de devenir une entreprise mondiale brassant des milliards de dollars », a-t-il ajouté.

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Uber fait appel

Uber a aussitôt annoncé qu’elle faisait appel de cette décision qui, selon le secrétaire général de l’intersyndicale TUC, Francis O’Grady, a « permis d’exposer le côté obscur » de la plateforme de transports américaine.

« Des dizaines de milliers de personnes à Londres ont choisi Uber justement pour être des travailleurs indépendants et être leur propre patron. L’écrasante majorité de ces chauffeurs veulent garder leur liberté et la flexibilité de pouvoir conduire quand et où ils veulent », a souligné Jo Bertram, responsable régional d’Uber.

La même chose en France ?

Une première victoire qui pourrait avoir des suites. En effet, des actions en justice similaires sont en cours dans d’autres pays.

En France, la sécurité sociale poursuit Uber pour requalifier ses chauffeurs, aujourd’hui considérés comme des indépendants, en salariés, faisant valoir qu’il existe un « lien de subordination » entre eux et la plateforme.

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Aux Etats-Unis, Uber a accepté de payer jusqu’à 100 millions de dollars pour clore deux recours collectifs, en Californie et dans le Massachusetts, qui menaçaient de changer le statut de ses chauffeurs.

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