Depuis le Brexit, les Français du Royaume-Uni subissent des insultes et commentaires agressifs

EXPATRIES L’ambassadrice de France à Londres a fait part de cette atmosphère tendue lors d’une audition le 25 octobre par la Chambre des Lords…

F.P.

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Big Ben, près du Parlement britannique à Londres.
Big Ben, près du Parlement britannique à Londres. — HJAA/ZDS/WENN.COM/SIPA

L’atmosphère s’est tendue à Londres depuis le 23 juin et le vote sur la sortie du Royaume-unie de l’Union européenne.Sylvie Bermann, ambassadrice de France à Londres l’a ressentie et en a fait part à un comité de la Chambre des Lords (l’équivalent de notre Sénat) lors d’une audition le 25 octobre, rapporte le correspondant du Monde à Londres.

« Un langage agressif ou négatif »

La diplomate a fait part de « l’inquiétude » des quelque 300.000 Français vivant outre-manche, dont certains ont été victimes d’insultes ou de commentaires agressifs ces derniers mois.

« Certains ont subi un langage agressif ou négatif, précise l’ambassadrice. Ils n’étaient pas habitués à ce genre de traitement dans un pays où beaucoup d’entre eux habitent depuis des décennies. » Sylvie Bermann évoque notamment des insultes « des remarques désagréables dans le métro » et évoque un sentiment de malaise plus diffus. « Certains se sentaient londoniens avant le 23 juin et ils se sentent aujourd’hui des étrangers. Ils ont l’impression d’être moins les bienvenus qu’avant. »

Les Polonais et Roumains visés aussi

Le ministère de l’Intérieur britannique constate de son côté une augmentation du nombre d’agressions racistes ou religieuses depuis le référendum. En juillet, il enregistrait 5.500 incidents, soit une hausse de 41 % par rapport au même mois en juillet 2015, précise Le Monde. Les communautés polonaise et roumaine ont été particulièrement visées. Les Français aussi, même si dans une moindre mesure. Certains chercheraient alors à quitter le Royaume-Uni, constate Le Monde qui précise toutefois que leur vraie inquiétude concerne l’incertitude quant à leur statut une fois que le Royaume-Uni sera sorti de l’Union européenne, ce qui pourrait être le cas en 2019.

Theresa May, première ministre britannique, s’est voulu rassurante en promettant aux Européens déjà installés outre-Manche qu’ils auront le droit de rester si la même chose est autorisée aux Britanniques vivant dans les autres pays de l’UE.