Ceta: Ça coince toujours en Belgique

COMMERCE Les discussions reprendront jeudi matin pour des négociations de la dernière chance...

20 Minutes avec AFP

— 

Le ministre belge des Affaires étrangère Didier Reynders à Bruxelles, le 16 novembre 2015
Le ministre belge des Affaires étrangère Didier Reynders à Bruxelles, le 16 novembre 2015 — JOHN THYS AFP

Le suspense continue. Les différentes parties belges ne sont pas parvenues à une position commune pour sortir de l’impasse qui bloque la signature du traité de libre-échange entre Européens et Canadiens (Ceta), a reconnu mercredi soir le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders.

« Nous attendons toujours une réponse concrète de la part des entités fédérées », à savoir des régions et communautés belges opposées à la signature du CETA, a déclaré Reynders à l’issue d’une nouvelle réunion de concertation. « Nous allons nous revoir demain (jeudi) à 10H00 pour définir ce qui va être dit au niveau de la Belgique lors des réunions européennes », a ajouté le ministre fédéral belge, qui s’est refusé à parler d'« échec ». La Belgique doit envoyer sa position aux ambassadeurs des 28 Etats-membres à Bruxelles qui se réuniront jeudi à 11H00.

Reynders avait auparavant affirmé qu'« on a pu se mettre d’accord sur des textes avec l’ensemble des ministres-présidents » des régions et communautés belges. « Les textes sont là. La seule chose que le gouvernement fédéral attend maintenant, c’est que les régions nous disent exactement quelle est leur réponse », a répété le ministre des Affaires étrangères à l’issue de la réunion nocturne.

Signature prévue ce jeudi

Pour compliquer les choses, l’UE et le Canada sont censés tenir un sommet ce jeudi à Bruxelles pour signer officiellement le traité, en présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau.

« On le regrette mais ce ne sera pas possible de tenir le sommet demain », a brièvement constaté le ministre-président de la région francophone de la Wallonie, Paul Magnette, chef de file des opposants au CETA, en quittant très rapidement la réunion en fin de soirée.

« Je suis certain qu’il ne sera pas possible de signer le traité demain. Par contre je garde un bon espoir qu’il est possible de trouver un accord intrabelge et avec la Commission européenne afin de pouvoir soumettre une position belge aux autres pays membre de l’Union européenne », a renchéri Oliver Paasch, le ministre-président de la communauté germanophone.

« Ce serait dans l’intérêt de la Belgique, ce serait dans l’intérêt de l’UE », a-t-il fait valoir.

Les dirigeants de instances européennes se sont refusés jusqu’à présent à annuler le sommet UE-Canada de jeudi mais la rencontre paraît désormais définitivement compromise.