Arche de Zoé : le Soudan accuse la France d'avoir collaboré à l'enlèvement des enfants

POLEMIQUE Pour Khartoum, l'objectif final était d'évacuer 10.000 enfants vers l'Europe…

— 

Le Soudan a accusé vendredi le gouvernement français d'avoir fourni des visas à l'Arche de Zoé pour exfiltrer 103 enfants du Tchad avant que cette tentative ne soit arrêtée fin octobre.
Le Soudan a accusé vendredi le gouvernement français d'avoir fourni des visas à l'Arche de Zoé pour exfiltrer 103 enfants du Tchad avant que cette tentative ne soit arrêtée fin octobre. — Fabrice Coffrini AFP

Le Soudan a accusé vendredi le gouvernement français d'avoir fourni des visas à l'association Arche de Zoé pour exfiltrer 103 enfants du Tchad avant que cette tentative ne soit arrêtée fin octobre. «En mars, avril et mai, les autorités françaises ont fourni par anticipation des visas et ont également autorisé l'avion à amener ces enfants en France», a accusé à Genève le commissaire soudanais à l'Aide humanitaire, Mohamed Abdel Rahman Hassabo.

Tous nos articles sur l'affaire Arche de Zoé en cliquant ici...

Le gouvernement français «savait» que l'Arche de Zoé se préparait à enlever ces enfants pour les faire adopter par des familles françaises, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse. Selon lui, les 103 enfants actuellement regroupés par les autorités tchadiennes dans un hôpital d'Abéché, n'étaient que l'avant-garde d'une opération destinée à évacuer 10.000 enfants africains vers l'Europe.

Nicolas Sarkozy dans le collimateur de Khartoum…

«C'est un crime très grave, perpétré contre tous les principes de l'humanité», a-t-il lancé, accusant l'association d'avoir préparé une opération «d'enlèvement, de trafic d'enfants et d'esclavage». Il a ajouté que 74 autres enfants étaient actuellement recherchés par les autorités de son pays.

Vendredi, le responsable soudanais s'en est également pris directement à Nicolas Sarkozy, qui a ramené du Tchad sept des 21 personnes arrêtées dans cette affaire. «Il aurait pu au moins rendre visite aux victimes au lieu d'aller les chercher au tribunal».

Le responsable soudanais a affirmé par ailleurs que 17 des 103 enfants d'Abéché étaient de nationalité soudanaise, alors que l'identification de ces mineurs âgés d'un à dix ans doit encore prendre plusieurs semaines.

…ainsi que l'Unicef et le HCR

Il a enfin affirmé que la tentative de L'Arche de Zoé avait été «soutenue par de nombreux organismes qui sont censés protéger les réfugiés, comme le HCR et l'Unicef qui travaillent au Darfour et dans l'est du Tchad». Les 103 enfants ont été amenés dans des camps tenus par le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés et par le Fonds des Nations unies pour l'enfance, a affirmé le responsable soudanais, demandant à ces organismes d'enquêter dans leurs rangs pour «découvrir qui est impliqué» dans cette affaire.

Interrogé lors d'une conférence de presse sur ces accusations, le Haut commissaire adjoint aux réfugiés, Craig Johnstone, les a jugées «sans fondement et «impossible à étayer». «Je vous laisse le soin de juger pourquoi ces accusations sont formulées. Je ne voudrais pas leur donner plus de dignité en y répondant.»

Vendredi soir, la France a également qualifié de «sans aucun fondement» ces accusations. «Nous avons pris connaissance avec étonnement de ces accusations (...) Nous démentons catégoriquement avoir donné de tels visas», a déclaré le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères.