Daesh aurait mené une vague d'exécutions à Mossoul, selon l'ONU

IRAK Ces allégations, qui en sont encore au stade « préliminaire », viennent de différentes sources civiles et gouvernementales...

20 Minutes avec AFP

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La ville de Bartella, à 15 km à l'est de Mossoul, en Irak, a été reprise par les forces gouvernementales  aux djihadistes de l'Etat islamique le 20 octobre 2016
La ville de Bartella, à 15 km à l'est de Mossoul, en Irak, a été reprise par les forces gouvernementales aux djihadistes de l'Etat islamique le 20 octobre 2016 — SAFIN HAMED / AFP

Des dizaines de personnes, dont 50 policiers, auraient été exécutées par les djihadistes de l’organisation de l’Etat islamique à l’approche des troupes irakiennes de la ville de Mossoul, selon l’ONU.

Ces allégations, qui en sont encore au stade « préliminaire », viennent de différentes sources civiles et gouvernementales qui ne peuvent pas être dévoilées pour des raisons de sécurité, a souligné le porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Rupert Colville, lors d’un point de presse à Genève.

15 civils tués

Ces atrocités ont été commises par Daesh entre mercredi et dimanche derniers, alors que les forces irakiennes progressaient vers Mossoul, dernier bastion des djihadistes en Irak, a-t-il précisé.

Dans le village de Safina, situé à environ 45 kilomètres au sud de Mossoul, les militants de l’EI ont tué 15 civils avant de les jeter dans une rivière, probablement pour terroriser les autres villageois, selon l’ONU.

Le 19 octobre, toujours à Safina, des djihadistes « ont, selon certaines informations, attaché six civils par les mains à l’arrière d’un véhicule et les ont traînés autour du village, simplement parce qu’ils étaient apparentés à un chef tribal luttant contre l’EI ».

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D’autres massacres commis par l’EI ?

Les forces de sécurité irakiennes ont par ailleurs découvert 70 cadavres portant des traces de balles le 20 octobre dans le village voisin de Touloul Naser, mais Rupert Colville a déclaré qu’il était encore difficile de dire à ce stade qui était responsable de ce massacre.

Samedi dernier, des hommes de l’EI ont apparemment tué trois femmes et trois fillettes au cours d’une marche forcée dans le village de Roufeila, au sud de Mossoul. Elles auraient été exécutées car elles n’avançaient pas assez vite parce qu’une des fillettes était handicapée, a indiqué l’ONU.

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Les 50 policiers, qui avaient été pris en otage par l’EI, auraient été exécutés dimanche dans un immeuble à la périphérie de Mossoul, a déclaré Rupert Colville.

Des allégations à confirmer

« Nous craignons beaucoup qu’il ne s’agisse pas des dernières informations sur de tels actes barbares commis par l’EI », a-t-il déploré. Il a précisé que toutes ces allégations « nécessitent encore un peu de travail [d’investigation] » avant que l’ONU puisse conclure qu’elles ont bien eu lieu.

Le Haut-Commissariat a enfin renouvelé sa crainte de voir des civils utilisés comme boucliers humains à Mossoul par les djihadistes afin d’empêcher la capture de la ville par les forces irakiennes, soutenues par une coalition dirigée par les Etats-Unis.