Mossoul: Les forces irakiennes progressent, Obama prédit une bataille «difficile»

IRAK Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a de son côté averti que la bataille risquait de durer « plusieurs semaines », voire « des mois »...

20 Minutes avec AFP

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Des soldats américains déployés en Irak le 26 janvier 2016
Des soldats américains déployés en Irak le 26 janvier 2016 — AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Les dizaines de milliers de combattants irakiens mobilisés pour reprendre Mossoul à l’organisation Etat islamique ont gagné du terrain au deuxième jour de cette offensive qui s’annonce « difficile » a prévenu le président américain Barack Obama. Le sort des habitants de Mossoul et des localités proches de cette grande ville du nord de l’Irak inquiète l’ONU, et les Etats-Unis ont déclaré que les djihadistes de Daesh retenaient les civils comme « boucliers humains ».

« L’EI sera vaincu »

Des commandants irakiens ont affirmé mardi que les combattants de l’EI ripostaient avec des attentats suicides mais que les forces gouvernementales progressaient sur les deux fronts de l’offensive. Barack Obama a prédit « une bataille difficile », se disant cependant « convaincu que l’EI sera vaincu à Mossoul et que cela marquera un nouveau pas vers sa destruction totale ». Par ailleurs, « nous nous concentrons sur la sécurité et l’aide humanitaire pour les civils qui échappent aux combats, ce sera une priorité absolue pour nos deux gouvernements », a assuré Barack Obama au cours d’une conférence de presse.

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« Villages libérés »

Avant d’atteindre les abords directs de Mossoul où seraient retranchés entre 3.000 et 4.500 djihadistes, les forces irakiennes doivent traverser des territoires contrôlés par l’EI autour de la cité. Elles avancent sur deux axes : depuis Qayyarah, ville située à environ 70 km au sud de Mossoul, et depuis Khazir à l’est.

Carte de la région de Mossoul avec les points clés de la situation militaire, les forces déployées, les mouvements des troupes
Carte de la région de Mossoul avec les points clés de la situation militaire, les forces déployées, les mouvements des troupes - IRIS ROYER DE VERICOURT ALAIN BOMMENEL / AFP

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A Qaraqosh, ville située à 15 km environ au sud-est de Mossoul et contrôlée par l’EI depuis plus de deux ans, l’armée a pris position dans plusieurs quartiers, suscitant la joie des chrétiens qui avaient dû fuir. Ils ont célébré cette opération mardi à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, par des chants et des prières. « De nombreux villages ont été libérés », a affirmé Sabah al-Numan, le porte-parole des services de contre-terrorisme irakien.

Une bataille de « plusieurs semaines », voire « des mois »

Les responsables étrangers s’attendent à une longue bataille. Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a averti qu’elle risquait de durer « plusieurs semaines », voire « des mois ». Jean-Yves Le Drian réunira 12 homologues de la coalition le 25 octobre à Paris pour « faire un point sur le déroulé des opérations ». Auparavant, la France et l’Irak organiseront jeudi à Paris une réunion ministérielle avec une vingtaine de pays pour « préparer l’avenir politique de Mossoul ».

C’est à Mossoul, située dans le nord de l’Irak et peuplée majoritairement de musulmans sunnites, que le leader du groupe ultraradical, Abou Bakr al-Baghdadi, avait proclamé en juin 2014 un « califat » sur les territoires conquis par les jihadistes en Irak et en Syrie.