L'Equateur admet avoir «restreint» l'accès à Internet de Julian Assange

MONDE Quito estime que les emails piratés publiés par WikiLeaks interfèrent avec la présidentielle américaine...

P.B. avec AFP

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Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange en visioconférence depuis Londres, le 4 octobre 2016, lors d'une conférence de presse à Berlin pour les 10 ans de la plateforme.
Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange en visioconférence depuis Londres, le 4 octobre 2016, lors d'une conférence de presse à Berlin pour les 10 ans de la plateforme. — Markus Schreiber/AP/SIPA

Mais qui a coupé la connexion Internet de Julian Assange ? La question, qui alimente les théories du complot, a une réponse : c’est bien l’Equateur. Accusé par WikiLeaks, le pays est passé aux aveux mardi soir, confirmant que la décision était liée à la publication des emails piratés du président de la campagne d’Hillary Clinton.

« L’Equateur, dans l’exercice de sa souveraineté, a restreint temporairement l’accès à une partie de son système de communications dans son ambassade au Royaume-Uni », a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. « Cette restriction temporaire n’empêche pas que l’organisation WikiLeaks mène à bien ses activités journalistiques », ajoute le texte.

Principe de « non-intervention »

Le ministère équatorien a précisé qu’au cours des dernières semaines, WikiLeaks a publié une importante quantité de documents qui ont un « impact » sur la campagne électorale aux Etats-Unis. « La décision de publier ce type d’information est de la responsabilité exclusive de l’organisation WikiLeaks », a-t-il souligné. Il a affirmé que le gouvernement équatorien « respecte le principe de non-intervention dans les affaires d’autres pays, ne s’immisce pas dans les processus électoraux en cours, ni ne soutient un candidat en particulier ».

Depuis dix jours, la publication de ces emails perturbe la campagne d’Hillary Clinton. Pour l’instant, ils ne contiennent rien de fracassant mais ils entretiennent l’image d’une candidate calculatrice et opportuniste.

Washington dément avoir fait pression

Un peu plus tôt mardi, le département d’Etat des Etats-Unis avait démenti des accusations émises par WikiLeaks selon lesquelles le secrétaire d’Etat, John Kerry, avait demandé à l’Equateur de couper la connexion internet de Julian Assange.

Julian Assange, 45 ans, est réfugié à l’ambassade d’Equateur en Grande-Bretagne depuis juin 2012 pour éviter d’être extradé en Suède, où il est sous le coup d’un mandat d’arrêt dans le cadre d’une enquête pour viol, après la plainte déposée par une Suédoise en 2010.