L’Unesco adopte une résolution controversée sur Jérusalem et ravive les tensions israélo-palestiniennes

PROCHE-ORIENT Le texte a été validé par les 58 Etats membres du Conseil exécutif de l’organisation…

20 Minutes avec AFP

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L'esplanade des Mosquées à Jérusalem.
L'esplanade des Mosquées à Jérusalem. — AHMAD GHARABLI

C’est une résolution qui risque de remettre le feu aux poudres au Proche-Orient. Malgré le tollé en Israël, l’Unesco a officiellement adopté ce mardi une résolution sur Jérusalem-Est portée par des pays arabes au nom de la protection du patrimoine culturel palestinien. Le texte a été validé par les 58 Etats membres du Conseil exécutif de l’Unesco réunis en assemblée plénière au siège de l’organisation à Paris.

Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville, est occupée depuis 1967 par Israël et depuis annexée - une annexion considérée comme illégale par l’ONU. Elle abrite la vieille ville et ses remparts, un site inscrit par l’Unesco sur la liste du patrimoine mondial.

Les Palestiniens se réjouissent, les Israéliens s’offusquent

Son adoption jeudi dernier en commission (avec 24 voix pour, six contre et 28 abstentions) avait suscité une levée de boucliers en Israël : le gouvernement israélien avait immédiatement annoncé la suspension de sa coopération avec l’Unesco en signe de protestation. Mardi, aucun des Etats membres du Conseil exécutif, réunis en plénière, n’a demandé à rouvrir le débat et le texte a été entériné sans qu’il y ait de nouveau vote, a expliqué une porte-parole de l’Unesco. Pour l’Etat hébreu, cette résolution nie le lien millénaire entre les juifs et la ville.

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Les Palestiniens se sont réjouis de ce résultat dans la foulée. « La résolution rappelle qu’Israël est une puissance occupante à Jérusalem-Est et lui demande d’arrêter ses abus », a déclaré à la presse Mounir Anastas, ambassadeur adjoint à l’Unesco. « Ce n’est pas le bon endroit pour résoudre les problèmes entre les pays ou les peuples », a rétorqué l’ambassadeur d’Israël à l’Unesco, Carmel Shama-Cohen, estimant que l’organisation de l’ONU pour la paix et la culture devrait plutôt servir à bâtir « des ponts » entre Israéliens et Palestiniens.

La directrice générale de l’Unesco menacée de mort

La directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, avait pour sa part exprimé ses réserves : « Le patrimoine de Jérusalem est indivisible et chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de son lien avec la ville ». A la suite de ce communiqué, elle a été menacée de mort, a assuré lundi l’ambassadeur israélien à l’Unesco, ce que les services d’Irina Bokova n’ont souhaité ni confirmer ni démentir.

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En avril, l’Unesco avait déjà adopté une résolution similaire. La France avait alors voté pour, s’attirant les foudres d’Israël et de la communauté juive française. En mai, à un moment où les tensions étaient à leur maximum, le président François Hollande avait jugé « fâcheux » le vote français et promis de veiller « personnellement » à sa reformulation en octobre. « Certaines formules ayant suscité des polémiques ont pu être retirées du texte », a noté jeudi une source diplomatique française. « Néanmoins, le maintien d’un certain nombre de termes déséquilibrés » a conduit la France à s’abstenir, selon la même source.