Avec ses accusations infondées d'élection truquée, Trump joue avec le feu

ETATS-UNIS De nombreux républicains l'appellent à calmer sa rhétorique incendiaire...

Philippe Berry

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Un tweet du shérif David Clarke Jr, fervent soutien de Donald Trump.
Un tweet du shérif David Clarke Jr, fervent soutien de Donald Trump. — D.CLARKE/TWITTER

« Election truquée », « fraude électorale », « corruption médiatique »… Depuis une semaine, Donald Trump multiplie les accusations, jurant que le système est « contre » lui, et que seuls ses partisans peuvent « sauver l’Amérique ». A tel point que dimanche, son colistier Mike Pence a dû calmer le jeu, le jurant sur le plateau de NBC : « Donald Trump acceptera le verdict des urnes » le 8 novembre. Ses supporteurs les plus extrêmes, c’est moins sûr.

Le controversé shérif David Clarke Jr, fervent soutien de Trump, annonce la couleur : « C’est incroyable. Nos institutions, la Maison Blanche, le Congrès, le département de la Justice et les grands médias sont corrompus, et tout ce que nous faisons est pleurnicher. C’est l’heure des fourches et du bûcher. »

« Les violences risquent de s’aggraver »

Gabriel Schoenfeld, un ancien conseiller du candidat républicain Mitt Romney, lance un avertissement dans un édito : « Les violences risquent de s’aggraver ». « Avec une campagne de Donald Trump dans le caniveau, nous ne devrions pas être surpris si des personnes sont blessées ou que le sang coule » après la défaite probable du candidat républicain, écrit-il.

Doug Heye, l’ancien directeur de la communication de l’élu républicain Eric Cantor, estime que les accusations de Donald Trump secouent les fondations des institutions démocratiques « en faisant croire aux électeurs que leur vote ne comptera pas ». Alors que les échauffourées lors des meetings de Donald Trump sont monnaie courante. De fait, dans un système où chaque camp surveille l’autre le jour de l’élection, les fraudes sont rarissimes, avec un taux compris entre 0,00004 et 0,00009 %, selon une étude du Centre pour la justice de l’école de droit de l’université NYU.

Trump en rajoute une couche

Désavoué par Paul Ryan et de nombreux cadres du parti républicain, Trump a insisté sur Twitter : « Bien sûr qu’il a des fraudes à grande échelle qui se passent le jour de l’élection et avant. Pourquoi les leaders républicains le nient ? Quelle naïveté ! »

Trump reste flou dans ses accusations, mais il fait allusion à de possibles fraudes dans les bureaux de vote « dans certaines zones », notamment du côté l’électorat noir et de citoyens étrangers n’ayant pas le droit de voter. « On ne peut pas perdre une élection à cause de vous savez quoi », a-t-il encore lancé. Selon le manager de la campagne d’Hillary Clinton, il s’agit simplement d’une tentative « désespérée. Il sait qu’il va perdre et s’en prend au système. » Reste à espérer que Trump ne le fera pas imploser.