Un autre opposant à Musharraf arrêté

PAKISTAN L'ancienne star de cricket Imran Khan était à peine sorti de la clandestinité mercredi…

A.S avec AFP

— 

Avec la sortie de clandestinité de l'ex-star du cricket Imran Khan mercredi, suivie de son arrestation spectaculaire, l'opposition se manifeste de plus en plus au Pakistan au lendemain de l'appel de l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto, toujours en résidence surveillée, à s'unir contre le président Pervez Musharraf.
Avec la sortie de clandestinité de l'ex-star du cricket Imran Khan mercredi, suivie de son arrestation spectaculaire, l'opposition se manifeste de plus en plus au Pakistan au lendemain de l'appel de l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto, toujours en résidence surveillée, à s'unir contre le président Pervez Musharraf. — Aamir Qureshi AFP

Dur d'être dans l'opposition au Pakistan. L'ancienne star du cricket Imran Khan, qui dirige un petit parti d'opposition pakistanais, a été arrêté par des policiers mercredi à Lahore au moment où il sortait de la clandestinité pour participer à une manifestation, au 11e jour de l'état d'urgence. Il sera accusé notamment d'incitation au soulèvement armé.

«Il est pour l'heure en détention dans les locaux de la police, il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt, qui lui a été officiellement signifié, a déclaré un officier supérieur de la police de Lahore, Khalid Batti. Nous allons le placer en détention en résidence surveillée». «Le mandat prévoit une détention de 90 jours, en vertu de la loi sur le maintien de l'ordre public», a confirmé un autre officier de police.

Prendre la tête d'une manifestation d'étudiants

«Je suis venu pour prendre la tête d'une manifestation d'étudiants contre le dictateur Musharraf et ses mesures illégales», a déclaré Imran Khan au téléphone à l'AFP, depuis le lieu où il était détenu.

L'ancien capitaine de la glorieuse équipe de cricket qui a remporté la Coupe du monde en 1992, et qui a créé ensuite un petit parti, avait été assigné à résidence le 3 novembre, le jour où le général Musharraf a décrété l'état d'urgence, et a fui quelques jours plus tard, alors que la police venait, selon lui, le chercher pour l'emprisonner. Cet ancien sportif de 55 ans toujours adulé dans le pays vit caché depuis, mais a multiplié les déclarations hostiles au général Musharraf sur une chaîne de télévision privée, réclamant notamment la peine de mort pour le «dictateur militaire». Sa femme a participé à une manifestation anti-Musharraf samedi dernier devant le 10 Downing Street à Londres, a pu constater un journaliste de 20minutes.fr.

Benazir Bhutto prend la parole dans le «Washington Post»


Autre opposante, l'ancienne Premier ministre, Benazir Bhutto, fait entendre sa voix mercredi. Elle dénonce dans une tribune du «Washington Post», «l'Etat policier». Musharraf «sait comment sévir contre les forces démocratiques» mais est «réticent ou incapable de dépister et d'arrêter Oussama ben Laden ou de contenir les extrémistes. C'est la réalité du Pakistan en novembre 2007», écrit-elle.

Benazir Bhutto, assignée à résidence mercredi pour la 2e journée consécutive à Lahore, note que «les citoyens soviétiques savaient que les 'élections' au Politburo étaient frauduleuses. Le peuple du Pakistan sait que les élections sous la loi martiale sont une pareille imposture».