L'Arche de Zoé avait promis de «collaborer discrètement» avec le Quai d'Orsay

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Les avocats des six Français et de trois Tchadiens incarcérés à N'Djamena dans le cadre de l'affaire de l'Arche de Zoé n'avaient pas reçu mardi soir de réponse du juge d'instruction à leur requête de remise en liberté de leurs clients, ont-ils indiqué à l'AFP.
Les avocats des six Français et de trois Tchadiens incarcérés à N'Djamena dans le cadre de l'affaire de l'Arche de Zoé n'avaient pas reçu mardi soir de réponse du juge d'instruction à leur requête de remise en liberté de leurs clients, ont-ils indiqué à l'AFP. — Sonia Rolley AFP/Archives

L'association l'Arche de Zoé avait promis en juillet de «collaborer discrètement» avec le ministère français des Affaires étrangères pour un projet «d'évacuation des orphelins du Darfour», selon un courrier publié en partie mercredi par le journal satirique «Le Canard Enchaîné».

Cet engagement est formulé dans une lettre du 13 juillet adressée par le président de l'association, Eric Breteau, au conseiller du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner pour l'Afrique, Laurent Contini, qui l'avait reçu au Quai d'Orsay le 4 juillet.

Un excellent accueil

Eric Breteau estime dans ce courrier avoir reçu un «excellent accueil» et ajoute: «c'est dans cet esprit que nous collaborerons discrètement avec vos services afin que vous disposiez d'un maximum d'informations vous permettant, au besoin, d'intervenir dans les meilleures conditions.»

Eric Breteau, aujourd'hui inculpé et détenu au Tchad à la suite de l'échec d'une opération d'évacuation vers la France de 103 enfants, évoque à mots couverts les réserves du Quai d'Orsay sur ses projets, en écrivant que «comme évoqué lors de notre entretien, nous avons pleinement conscience des répercussions de cette opération humanitaire». Il promet toutefois d'opérer dans un «cadre strictement légal».

«Extrèmes réserves»


Le ministère, interrogé mercredi sur cette lettre, a réaffirmé avoir fait part de ses «plus extrêmes réserves» dès qu'il a eu connaissance du projet général de l'association concernant des enfants du Darfour (ouest du Soudan), mais sans être «informé à aucun moment» de la mise en oeuvre de cette opération au Tchad.

«Dès que l'association L'Arche de Zoé est venue présenter au ministère des Affaires étrangères son projet d'adoption d'orphelins du Darfour, nous avons fait part à ses responsables de nos plus extrêmes réserves et avons saisi le 9 juillet le procureur de Paris à ce sujet», a déclaré à la presse la porte-parole du Quai d'Orsay Pascale Andréani.

«L'association persistant dans ses intentions, son président a été convoqué, le 31 juillet, par la directrice de cabinet de Rama Yade (secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères ndlr) qui a renouvelé les mises en garde du ministère», a-t-elle ajouté. L'association ne nous a informés à aucun moment de ce qu'elle préparait au Tchad", a réaffirmé Pascale Andréani.

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