Irak: «Moment décisif», les opérations pour libérer Mossoul des mains de Daesh ont commencé

IRAK La deuxième ville d'Irak avait été prise par les djihadistes en juin 2014...

20 Minutes avec AFP

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Les forces d'élite irakiennes se rassemblent en vue de reprendre la ville de Mossoul, le 15 octobre 2016.
Les forces d'élite irakiennes se rassemblent en vue de reprendre la ville de Mossoul, le 15 octobre 2016. — Khalid Mohammed/AP/SIPA

« Le temps de la victoire est venu et les opérations pour libérer Mossoul ont commencé », a déclaré ce lundi le Premier ministre irakien Haider al-Abadi à la télévision officielle. S’adressant aux habitants de la région de Mossoul, le chef du gouvernement a lancé : « Je déclare aujourd’hui le début de ces opérations victorieuses pour vous libérer de la violence et du terrorisme de Daesh ».

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La deuxième ville d’Irak, à majorité sunnite, avait été prise avec une relative facilité en juin 2014 par les djihadistes, en partie à cause de la profonde défiance de la population locale envers les forces de sécurité irakiennes, dominées par les chiites. Les forces du gouvernement irakien, assistées par diverses autres forces, resserrent depuis des mois leur dispositif autour de Mossoul. Elles ont récemment repris des positions clés près de Qayyarah, une ville située à environ 60 kilomètres au sud de Mossoul, préparant l’offensive finale.

Infliger à Daesh « une défaite durable »

Le Premier ministre a précisé dans son allocution que seules l’armée et la police irakiennes entreraient dans Mossoul, alors que de nombreuses autres forces sont déployées en vue de l’offensive pour reprendre la ville, dont des combattants peshmergas kurdes et des milices sunnites et chiites.

Le secrétaire américain à la défense, Ash Carter, a estimé dimanche que l’opération était un « moment décisif » pour infliger à Daesh « une défaite durable ». « Nous sommes confiants dans le fait que nos partenaires irakiens vaincront contre notre ennemi commun et libéreront Mossoul et le reste de l’Irak de la haine et de la brutalité de l’Etat islamique », a-t-il affirmé.

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Poutine a invité la coalition à faire le maximum pour éviter des victimes civiles

Avant le début de l’opération, le président russe Vladimir Poutine a invité la coalition internationale menée par les Etats-Unis à faire le maximum pour éviter des victimes civiles.

« Nous espérons que nos partenaires américains, et en l’occurrence nos partenaires français aussi, agiront avec précision et feront tout pour minimiser, ou encore mieux, exclure toute victime parmi la population civile », a dit le chef de l’Etat russe lors d’une conférence de presse en marge du sommet des Brics à Goa, en Inde.

« La plus grande opération humanitaire dans le monde »

De son côté, le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, Stephen O’Brien, s’est dit « extrêmement préoccupé par la sécurité de 1,5 million de personnes vivant à Mossoul qui pourraient être touchées par les opérations militaires ».

« Nous faisons tout notre possible pour que toutes les mesures soient prises dans le cas du pire scénario humanitaire. Mais nous craignons qu’il y ait encore beaucoup à faire », admet Lise Grande, coordinatrice humanitaire de l’ONU pour l’Irak. « Dans le pire des cas, nous allons littéralement vers la plus grande opération humanitaire dans le monde en 2016 », et selon l’ONU un million de personnes pourraient être déplacées en quelques semaines.