Violente manifestation antifrançaise à N'Djamena

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Le ton est monté mardi entre N'Djamena et Paris, la volonté affichée du président français Nicolas Sarkozy de récupérer les membres de L'Arche de Zoé incarcérés pour "enlèvements de mineurs" au Tchad ayant provoqué la colère de N'Djamena, décidé à ne pas se dessaisir du dossier.
Le ton est monté mardi entre N'Djamena et Paris, la volonté affichée du président français Nicolas Sarkozy de récupérer les membres de L'Arche de Zoé incarcérés pour "enlèvements de mineurs" au Tchad ayant provoqué la colère de N'Djamena, décidé à ne pas se dessaisir du dossier. — Sonia Tolley AFP

Après l'affaire de l'Arche de Zoé, plusieurs centaines de personnes, jeunes pour la plupart, ont manifesté mercredi dans le centre de N'Djamena, conspuant la France, notamment le président Nicolas Sarkozy. Des manifestations anti-françaises avaient déjà eu lieu la semaine dernière lors des auditions des inculpés de ce dossier. Mais aucune n'avait atteint l'ampleur et la tension de celle de ce mercredi.

Les manifestants ont parcouru le centre de la capitale tchadienne pendant plus de deux heures avant d'être dispersés par la police anti-émeute, notamment avec des gaz lacrymogènes. Deux manifestants ont été blessés, selon les premiers témoignages.

«A bas Sarkozy»

Une partie d'entre eux, se déplaçant en motocyclette, ont circulé devant l'ambassade de France ainsi que devant le palais de justice et l'école française. Ils ont lancé des pierres sur des véhicules dans lesquels se trouvaient des Occidentaux. «A bas Sarkozy», «la traite négrière c'est fini», «le Tchad est indépendant depuis 1960», ont-ils scandé en lançant d'autres slogans anti-français.

Des manifestants à pied exhibaient notamment des pancartes sur lesquelles étaient inscrits «Sarko voleur, hors du Tchad», «Sarkozy, un célibataire ne peut diriger un pays», ou encore «Non à l'esclavagisme, police et justice complices».

«Quoi qu'ils aient fait»

Six membres français de l'association Arche de Zoé sont incarcérés et poursuivis à N'Djamena pour avoir tenté d'emmener en France 103 enfants à partir du Tchad. L'organisation voulait emmener ces enfants originaires de la zone frontalière du Soudan, tout en les présentant comme des orphelins du Darfour (ouest du Soudan) qui nécessitaient une évacuation sanitaire.

Le président Sarkozy était venu à N'Djamena le 4 novembre et avait ramené quatre hôtesses de l'air d'un avion espagnol qui devait transporter les enfants le 25 octobre d'Abéché (est), ainsi que trois journalistes français. Il avait promis d'aller les «chercher» au Tchad «quoi qu'ils aient fait», avant que la présidence française ne nuance ces propos.

«Manifestation pacifique»

Au total, onze des 21 inculpés dans cette affaire ont déjà été libérés et ont regagné leurs pays respectifs, sans que les charges aient été levées. Outre les hôtesses et les journalistes, il s'agit de trois autres membres de l'équipage espagnol et d'un pilote belge, qui avait transporté une partie des enfants de la région frontalière à Abéché.

Mercredi, plus d'un millier de manifestants se sont ensuite rassemblés place de l'Indépendance au coeur de la capitale tchadienne, non loin du palais de Justice et de l'ambassade de France, dont la rue a été barrée par les forces de l'ordre. Des appels à une «manifestation pacifique» contre les «agissements de l'Arche de Zoé» avaient été lancés mardi par des associations de femmes commerçantes ainsi que par le réseau des Association de droits de l'Homme du Tchad et une association de jeunes tchadiens.

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«Prudence»
La France recommande à ses ressortissants d'observer une «prudence renouvelée» à N'Djamena, après les violentes manifestations de mercredi matin.