Au Pakistan, Bhutto appelle à la démission de Mucharraf

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Des centaines de mètres de barbelés, des chaînes, des sacs de sable, plus d'un millier de policiers déployés dans les rues... Cette fois, le président pakistanais a employé les grands moyens pour assigner à résidence depuis lundi soir sa principale opposante, Benazir Bhutto. Au 10e jour de l'état d'urgence, le général Pervez Mucharraf l'empêche ainsi de participer à une « longue marche » de protestation avec ses partisans, entre Lahore et Islamabad.

Mais pas question de laisser l'ex-premier ministre transformer son emprisonnement à domicile en show médiatique, comme elle avait su le faire il y a six jours. Il faut dire que la tension est montée d'un cran en quelques heures : contrairement à ce qu'elle tentait de faire depuis son retour d'exil le 18 octobre, Benazir Bhutto a définitivement exclu hier toute négociation avec Mucharraf en vue des élections législatives prévues au mois de janvier. Elle a également, pour la première fois, appelé publiquement le chef de l'Etat et des armées à la démission de ses fonctions. « Je demande à la communauté internationale de cesser de soutenir l'homme dont la dictature menace d'enfoncer cette puissance nucléaire dans le chaos », a-t-elle affirmé dans une interview téléphonique à l'AFP. « Nous avons essayé [en vain] d'unir nos forces, des forces modérées seules capables de repousser l'unique danger qui menace le pays, l'extrémisme. » Benazir Bhutto a ensuite lancé un appel à son ancien rival, l'ex-chef du gouvernement Nawaz Sharif, pour former une alliance.