Donald Trump à New York, le 7 octobre 2016.
Donald Trump à New York, le 7 octobre 2016. — Evan Vucci/AP/SIPA

MEDIAS

Trump accuse le «New York Times» de «diffamation», voici la réponse cinglante du journal

«Mr Trump a créé sa réputation», écrit le quotidien, alors que le candidat le menace de poursuites judiciaires...

Selon plusieurs employés, l’avocat du New York Times a été accueilli par une standing ovation, jeudi. Alors que Donald Trump menace de poursuivre le quotidien américain pour « diffamation », David McCraw a en effet envoyé une réponse cinglante au candidat républicain.

"L’essence même d’une attaque en diffamation est la protection de la réputation. Or Mr Trump s’est vanté d’avoir touché sexuellement des femmes sans leur consentement. Il s’est vanté d’avoir poussé les portes de vestiaires de participantes à des concours de beauté. De nombreuses femmes non mentionnées dans notre article se sont fait connaître pour dénoncer les avances de Mr Trump. Rien dans notre article ne porte atteinte à une réputation que Mr Trump, par ses mots et ses actions, a créée pour lui-même ».

« De vils mensonges », accuse Trump

Un peu plus tôt, le candidat avait qualifié les accusations d’attouchements de deux femmes citées par le New York Times de « vils mensonges ». Dans un discours paranoïaque, le candidat républicain s’en est pris « à la corruption organisée des médias et de la machine Clinton », appelant ses électeurs « à sauver » l’Amérique.

Trump s’est attaqué à « l’absence de logique » des accusations. « Regardez ces femmes, vous comprendrez », a-t-il lâché, semblant critiquer leur intégrité ou leur apparence physique.

« Je me suis dit que sa transgression était de ma faute »

Le récit le plus détaillé est celui d’une journaliste du magazine People. Natasha Stoynoff affirme que l’homme d’affaires s’est « jeté sur elle » alors qu’elle se trouvait à son domicile, et que sa femme, Melania, était dans la maison. « En un instant, il m’a poussée contre le mur et a inséré de force sa langue dans ma bouche. »

« Pourquoi ne l’a-t-elle pas mentionné dans l’article, ça aurait fait la Une, ça n’a aucun sens », dénonce Trump. Natasha Stoynoff dit en avoir parlé à une collègue, mais elle n’a pas évoqué l’incident auprès de ses supérieurs. « Comme de nombreuses femmes, j’avais honte et je me suis dit que sa transgression était de ma faute. Je l’ai minimisée, j’ai mis en doute mes souvenirs et ma réaction. J’ai eu peur qu’un homme riche et puissant puisse me discréditer et me détruire », écrit-elle.

Pour l’instant, Trump a seulement menacé les journaux américains de poursuites. Mais le New York Times le défie : « Nos journalistes ont diligemment vérifié le témoignage de ces femmes. Si Mr Trump n’est pas d’accord et qu’il croit que les lois de ce pays peuvent forcer ceux qui osent le critiquer à rester silencieux ou à être punis, nous sommes impatients de voir un tribunal le remettre à sa place. » Game on.