Après le passage de l'ouragan Matthew, le président haïtien veut que l'aide soit temporaire

INTEMPERIES Une responsable onusienne a, elle, estimé que la mission des Nations unies sur place devait être prolongée…

20 Minutes avec AFP

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Haïti a été ravagé par l'ouragan Matthew
Haïti a été ravagé par l'ouragan Matthew — HECTOR RETAMAL / AFP

Huit jours après le passage de l’ouragan Matthew, le président provisoire haïtien Jocelerme Privert a assuré que les sinistrés allaient être aidés, estimant toutefois que la période d’urgence humanitaire ne devait pas s’éterniser.

« Les gens qui sont dans les abris, il faut les nourrir, leur donner de l’eau à boire. Il faut leur donner des médicaments pour éviter cette propagation du choléra », a affirmé mardi Jocelerme Privert à plusieurs médias étrangers.

Mais « si nous persistons à apporter de l’aide alimentaire urgente aux personnes victimes, sans prendre des mesures pour les recapitaliser, pour qu’il y ait une circulation d’argent dans les régions affectées, le risque d’un exode vers les grandes villes est toujours là », a-t-il prévenu.

L’Etat, seul acteur sur le terrain

Le risque d’une répétition du fiasco de la période post-séisme de 2010, où seule une fraction de l’aide avait bénéficié aux victimes, est aussi dans les esprits des autorités nationales et des partenaires étrangers.

En référence à la mauvaise gestion de l’aide par les précédents gouvernements, Jocelerme Privert a réaffirmé le rôle premier de l’Etat haïtien dans la gestion de cette nouvelle crise humanitaire.

« Il n’y a pas deux acteurs sur le terrain mais un seul : l’acteur, c’est l’Etat », a-t-il insisté. Mais « cet acteur dispose-t-il de tous les moyens lui permettant de répondre aux attentes de la population ? La réponse est non », a-t-il reconnu.

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Des stations d’eau potable déployées

Sans avoir officiellement demandé l’aide de la communauté internationale, le gouvernement haïtien a salué les importants dons de matériels et la venue de nombreux militaires étrangers pour aider les régions dévastées.

Deux stations de production d’eau potable, envoyées par la France huit jours après le passage de l’ouragan Matthew, vont être déployées en Haïti.

Ces deux stations ont été livrées dans le premier cargo français d’aide humanitaire qui a atterri mardi matin à Port-au-Prince. L’avion transportait 69 tonnes de fret humanitaire, dont des médicaments et des kits contre le choléra.

Vers une prolongationde la mission de l’ONU ?

Selon la responsable onusienne sur place, le mandat de la mission des Nations unies en Haïti doit être prolongé de six mois afin de faire face à la crise humanitaire.

Sandra Honoré, chef de la Minustah, a indiqué mardi au Conseil de sécurité de l’ONU que les dégâts causés par le puissant ouragan étaient étendus, et risquaient de nuire à la stabilité du pays.

Le premier tour des élections présidentielles et législatives partielles qui devait se tenir le 9 octobre a été reporté sine die. Un scrutin qui s’était tenu il y a un an avait été annulé à cause de violences et de fraudes massives.

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Le Conseil de sécurité a prévu de voter jeudi sur une éventuelle extension du mandat de la Minustah jusqu’en avril 2017. Des membres du Conseil ont néanmoins estimé que le projet de réduction de la mission ne doit pas être suspendu pendant trop longtemps.

Une étude stratégique sur un retrait complet de la mission doit être achevée dans les six mois. La Minustah pourrait être remplacée par une présence onusienne plus limitée. Au total, selon le dernier bilan mardi de la protection civile haïtienne, il y a au moins 473 morts et 75 disparus.