Colombie: Après les Farc, la deuxième guérilla veut aussi faire la paix

NEGOCIATIONS La guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN) et le gouvernement colombien ont annoncé lundi qu’ils débuteraient à leur tour des négociations de paix officielles...

20 Minutes avec AFP

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Le représentant du gouvernement colombien Mauricio Rodriguez (à g.) serre la main du délégué de l'Armée de libération nationale (ELN), à Caracas, au Venezuela, le 10 octobre 2016.
Le représentant du gouvernement colombien Mauricio Rodriguez (à g.) serre la main du délégué de l'Armée de libération nationale (ELN), à Caracas, au Venezuela, le 10 octobre 2016. — SIPA

Les libérations d’otages étaient déjà un bon signe. Puis il y a eu l’avertissement qu’une « annonce importante » était imminente. Et pour cause, dans la foulée de l’accord conclu entre les Farc et le gouvernement de Colombie, la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN) et ce même gouvernement ont annoncé lundi qu’ils débuteraient à leur tour des négociations de paix officielles.

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A partir du 27 octobre, les deux camps s’engagent à tout faire « pour créer un environnement favorable à la paix ». Une nouvelle encourageante, huit jours après le rejet inattendu par référendum de l’accord de paix signé le 26 septembre avec la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), la plus ancienne et la plus importante du pays.

Conversations secrètes depuis 2014

Inspirée de la révolution cubaine, la guérilla de l’ELN, qui compte encore 1 500 combattants contre environ 5 765 pour les Farc, avait entamé en janvier 2014 des conversations secrètes avec les autorités colombiennes, peut-être encouragées par le dialogue mené publiquement à La Havane entre les Farc et le gouvernement, depuis novembre 2012.

Fin mars, l’ELN et le gouvernement avaient annoncé l’ouverture d’un dialogue public, mais sans donner de date. Son ouverture avait été retardée par le refus de l’ELN de libérer tous ses otages, condition posée par le président colombien Juan Manuel Santos.

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Cette barrière semble désormais levée : dans le texte lu à Caracas, l’ELN s’engage à « initier le processus de libération des otages avant le 27 octobre ». « Deux cas » sont évoqués, sans plus de précision, alors que les sources officielles estiment que la guérilla retiendrait encore un otage : l’ancien député Odin Sanchez, qui s’était lui-même rendu à l’ELN en avril en échange de son frère malade.

« Une paix complète »

Sans même attendre la confirmation officielle, le commandant en chef des Farc, Rodrigo Londono, plus connu sous ses noms de guerre Timoleon Jimenez ou Timochenko, avait exprimé dans la journée son soutien à ce processus.

« #DelegaciónELNPaz (Délégation de paix de l’ELN) compte avec notre soutien militant et solidaire. Beaucoup de succès dans ce processus qu’ils entament aujourd’hui », a-t-il tweeté.

« Le moment est venu de rassembler tous les efforts pour bâtir la paix », ont indiqué les Farc par la suite.

A Bogota, le président colombien Juan Manuel Santos, qui a reçu vendredi le prix Nobel de la paix pour ses efforts en vue de la fin du conflit armé, a estimé qu’avec ces négociations avec l’ELN, « ce sera une paix complète » en Colombie. Le pays pourra alors tourner la page de plus d’un demi-siècle d’un conflit armé complexe, marqué par plus de 260 000 morts, 45 000 disparus et 6,9 millions de déplacés.