Présidentielle américaine: Abandonné par ses soutiens, Trump refuse de se retirer de la course

ETATS-UNIS La publication d'une vidéo où il tenait des propos vulgaires et machistes a fait le vide autour du candidat républicain...

M.C.

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Donald Trump à New York, le 7 octobre 2016.
Donald Trump à New York, le 7 octobre 2016. — Evan Vucci/AP/SIPA

A un mois de l’élection présidentielle américaine, le navire Donald Trump, déjà à la dérive, semble près du naufrage. Isolé, critiqué jusque dans son cercle rapproché, le candidat républicain à la Maison Blanche affronte une tempête sans précédent après la révélation de propos vulgaires et machistes tenus il y a 11 ans.

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« Quand t’es une star », les femmes « te laissent tout faire, tu peux les attraper par la chatte », se vantait notamment le milliardaire dans des images filmées par NBC en septembre 2005. Il confiait aussi ne pas pouvoir s’empêcher d’embrasser les belles femmes et d’avoir tenté de séduire sexuellement une femme mariée.

A la veille d’un débat télévisé crucial contre Hillary Clinton, Donald Trump a cependant balayé toute idée d’abandonner la course pour la présidence des Etats-Unis. Il y a « zéro chance que j’abandonne » la campagne présidentielle. « Jamais au grand jamais je n’abandonnerai », a assuré le candidat de 70 ans au Wall Street Journal.

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Un candidat devenu pestiféré

Depuis la publication de la vidéo vendredi soir, le vide s’est fait autour de l’homme d’affaires, comme le montre ce tableau qui recense les élus républicains ayant abandonné leur candidat :

« Donald Trump doit se retirer et Mike Pence (son colistier) devenir notre candidat de façon immédiate », a estimé John Thune, qui fait partie de l’équipe de direction des républicains du Sénat.

D’autres élus républicains ont annoncé samedi qu’ils ne voteraient plus pour le candidat investi par leur parti, à l’image de John McCain, ancien candidat à la Maison Blanche et l’un des responsables politiques les plus expérimentés aux Etats-Unis.

« Le comportement de Donald Trump cette semaine qui s’est conclue avec la révélation de ses propos avilissants concernant les femmes et ses vantardises d’agressions sexuelles, rend impossible de continuer à soutenir, même de façon conditionnelle, sa candidature », a-t-il dit. Et d’annoncer que lui et son épouse ne voteraient pas pour le milliardaire à l’élection du 8 novembre.

Des excuses pour limiter la casse

Même son colistier Mike Pence a pris ses distances. « En tant qu’époux et père, j’ai été outré par les propos et les actions décrites par Donald Trump dans cette vidéo. Je ne cautionne pas ses déclarations et je ne peux pas les défendre », a déclaré le candidat à la vice-présidence, en notant que le milliardaire a présenté des excuses.

Face au tollé national, Donald Trump a diffusé dans la nuit de vendredi à samedi une vidéo tournée en urgence pour tenter de limiter les dommages. « Je n’ai jamais dit que j’étais une personne parfaite », y déclare-t-il. « J’avais tort et je m’excuse », poursuit-il, en se disant « rempli d’humilité » et en s’engageant à devenir « un homme meilleur ».

Son épouse Melania est aussi venue samedi à sa rescousse, demandant aux Américains d’excuser son mari pour ses propos : « Les mots que mon mari a utilisés sont à mes yeux inacceptables et outranciers. Ils ne représentent pas l’homme que je connais », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Panique dans les rangs républicains

Ce nouveau scandale place Hillary Clinton en position de force à la veille du deuxième débat télévisé entre les deux candidats, qui s’annonce particulièrement houleux, d’autant que le milliardaire avait été donné perdant après sa première confrontation avec la candidate démocrate. Sur la défensive, Donald Trump pourrait accuser Hillary Clinton d’avoir rudoyé les maîtresses de son mari, Bill, dans les années 1990.

Donald Trump a déjà connu des semaines noires, notamment en août, mais il s’était relevé de ses dérapages. La différence est que ces révélations émergent à seulement un mois du scrutin, tandis que les Américains commencent à voter de façon anticipée. Elles interviennent aussi après la publication d’une série de sondages clairement favorables à Hillary Clinton.

La panique gagne donc les rangs républicains, par crainte d’une déroute générale en novembre, quand le Congrès doit aussi être renouvelé. Aussi emblématique est la prise de position samedi d’Arnold Schwarzenegger. « Pour la première fois depuis que je suis devenu citoyen américain en 1983, je ne voterai pas pour le candidat républicain à la présidentielle », a dit l’ancien acteur et ex-gouverneur de Californie.