Les secours cherchent des corps dans les décombres de bombardements au Yémen à Sanaa, le 8 octobre 2016. 
Les secours cherchent des corps dans les décombres de bombardements au Yémen à Sanaa, le 8 octobre 2016.  — Osamah Abdulrhman/AP/SIPA

YEMEN

Yémen: Des raids aériens lors d'une veillée funèbre font plus de 140 morts

Ces frappes sont attribuées à la coalition arabe dirigée par Ryad...

Une foule en deuil frappée par le carnage. Plus de 140 personnes ont été tuées et des centaines blessées samedi, selon l’ONU, dans la capitale du Yémen, Sanaa, dans des raids aériens que les rebelles Houthis ont attribué à la coalition arabe dirigée par Ryad.

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D’après le coordinateur humanitaire pour l’ONU au Yémen, Jamie McGoldrick, les raids de samedi ont également fait plus de 525 blessés. « La communauté humanitaire du Yémen est choquée et scandalisée par les raids aériens d’aujourd’hui qui ont visé une salle publique où des milliers de personnes participaient à une cérémonie funéraire », a-t-il indiqué.

« Crime contre l’humanité »

« Un avion a tiré un missile contre la salle, et quelques minutes après, un deuxième appareil a bombardé le site », a indiqué un témoin, qui s’est identifié par son prénom, Moujahid. « C’est un crime contre l’humanité (…) Le régime saoudien est responsable de l’effusion de sang des Yéménites », a lancé un autre témoin. Le maire de Sanaa, Abdel Qader Hilal, figure parmi les morts, a indiqué la chaîne Al-Masirah.

Les rebelles chiites Houthis, qui se sont emparés de Sanaa il y a deux ans puis d’autres régions, sont combattus par la coalition arabe, alliée du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale. La coalition, dirigée par l’Arabie saoudite, a rapidement nié toute implication dans ces frappes, estimant dans un communiqué qu’il faudrait envisager « d’autres causes » à l’attaque, qualifiée de « massacre » par les rebelles.

« La coopération sécuritaire avec l’Arabie saoudite n’est pas un chèque en blanc »

Après ces frappes sanglantes, les Etats-Unis ont annoncé « un examen immédiat » de leur soutien à la coalition. « La coopération sécuritaire avec l’Arabie saoudite n’est pas un chèque en blanc », a déclaré Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale, selon lequel, au vu des raids de samedi « et d’autres incidents, nous avons débuté un examen immédiat de notre soutien, déjà fortement réduit, à la coalition emmenée par l’Arabie saoudite » au Yémen.

Samedi, des équipes de secours retiraient des corps calcinés et tentaient de retirer d’autres coincés sous les décombres, a rapporté un photographe de l’Agence France Presse sur place. Le photographe a dit avoir compté une vingtaine de cadavres. Certains blessés, amputés de leurs membres inférieurs par l’effondrement du bâtiment, étaient secourus par des volontaires. Des ambulances évacuaient les victimes et les hôpitaux ont lancé un appel pressant pour des dons de sang, selon des habitants.

 

 

 

 

 

Le gouvernement yéménite, qui avait alors dû fuir le pays, tente actuellement de regagner le terrain perdu avec l’appui de la coalition arabe. L’attaque « ne restera pas impunie », a prévenu le Conseil politique suprême, mis en place récemment par les Houthis et leurs alliés, les partisans de l’ex-président Ali Abdallah Saleh. Il a appelé ses partisans à « user de tous les moyens pour répondre à ce crime ».

Le conseil a en outre appelé les Yéménites à participer dimanche matin à une manifestation devant le bureau de l’ONU à Sanaa pour protester contre « les crimes de guerre » de la coalition, accusée par des organisations de défense des droits de l’Homme de commettre des « bavures » en touchant des secteurs civils dans ses raids. Le conflit au Yémen a fait plus de 6.700 morts, selon l’ONU.