Lâché de toute part après ses propos sur les femmes, Trump au fond du trou avant le débat de dimanche

ETATS-UNIS Les candidats croisent le fer à 3 h 00 dans la nuit de dimanche à lundi alors que les voix appelant le candidat à s’écarter après le dernier scandale se multiplient…

Philippe Berry

— 

Hillary Clinton et Donald Trump lors du premier débat télévisé, le 26 septembre 2016.
Hillary Clinton et Donald Trump lors du premier débat télévisé, le 26 septembre 2016. — E.VUCCI/AP/SIPA

Damage control. Après deux semaines catastrophiques, le face-à-face entre Hillary Clinton et Donald Trump avait déjà des airs du débat de la dernière chance pour le candidat républicain. Mais après le scandale provoqué par ses propos vulgaires de 2005 contre les femmes, plus de 20 élus républicains, dont John McCain, l’ont lâché et le supplient de s’écarter pour laisser la place à Mike Pence. Trump, lui, s’est excusé mais refuse de jeter l’éponge. Face à Hillary Clinton, il aura fort à faire pour ne pas couler. Et entraîner le parti républicain dans sa chute.

Le débat : où, quand, comment

Ce second débat, sur les trois prévus, se déroule à l’Université Washington de St Louis, dans le Missouri, à 19 h 00 (3 h 00 dans la nuit heure de Paris). Comme le précédent, il durera 90 minutes, mais il s’agit cette fois d’un « Town hall meeting » : la moitié des questions seront posées par le modérateur de CNN, Anderson Coooper, et l’autre moitié par le public. Depuis la France, il sera possible de suivre les échanges sur Twitter ou encore France 24.

La bombe de vendredi soir pour Trump

Un enregistrement extrêmement vulgaire de Trump a refait surface vendredi soir. Dans les coulisses de l’émission Access Hollywood, en 2005, il se vante d’avoir tenté de séduire une femme mariée et jure que « quand vous êtes une star », les femmes « vous laissent tout faire. Vous pouvez les attraper par la chatte ». Ses propos ont provoqué une tempête sans précédent dans une élection présidentielle. Malgré ses excuses en vidéo, 55 barrons républicains l’ont désavoué, dont Paul Ryan, qui s’est dit « malade ». Surtout, plus de 20 membres du Congrès qui lui avaient donné leur soutien l’ont repris, dont John McCain et presque toutes les sénatrices républicaines. Certains l’appellent à s’écarter pour le bien du parti, mais Trump a catégoriquement refusé, tweetant samedi, en majuscules : « JE NE QUITTERAI JAMAIS LA COURSE ».

La (petite) bombe de vendredi pour Clinton

WikiLeaks a publié des extraits de discours rémunérés prononcés par Hillary Clinton en 2 013 et 2 014 devant des banques d’affaires dont Goldman Sachs. La démocrate y livre des plaidoyers pour une approche pragmatique de la politique et du libre-échange, ce qui va raviver les craintes des électeurs de Bernie Sanders.

Le point sondages

Avant le scandale du week-end, Trump avait perdu du terrain sur sa rivale. Alors qu’il était revenu à moins de deux points d’écart, il a presque 5 % de retard, selon la moyenne de Real Clear Politics. Clinton creuse son avance dans des Etats critiques, en Floride et en Pennsylvanie. Selon le site de statistiques FiveThirtyEight, elle a plus de 80 % de chances d’être élue.